Archives de l’étiquette : José Le Moigne

Mar 17

José Le Moigne, le breton noir

José le Moigne

Poète, chanteur-compositeur, dessinateur et romancier, José Le Moigne est né le 7 janvier 1944 à Fort-de-France (Martinique) d’un père Breton et d’une mère Martiniquaise. En 1947, la famille quitte la Martinique pour s’installer dans le Brest ruiné de l’après-guerre. José Le Moigne ne quittera la Bretagne qu’en 1968 après la réussite d’un concours administratif. Dès …

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P U B L I C I T E

Déc 09

Une histoire de Noël, le houx

         Un goret ! Man Anna aurait donné beaucoup pour un petit cochon. Elle se voyait l’élever pendant toute une année selon les sages préceptes des campagnes. Un cochon, voyez-vous, question manger, c’est mieux que les enfants. ça se nourrit de rien. Des rognures de pain, des pelures de fruits, des fanes de légumes, les …

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Nov 21

L’esclave du Ponant – Le parlement de Rennes

  Le parlement de Rennes Jean Mor n’avait pas revu Rodin depuis leur séparation dans l’antichambre de la sénéchaussée. Sans crier gare, le mulâtre avait glissé du premier rôle à celui du comparse. Il n’avait plus sa place sur scène. Avait-il été entendu seulement par les juges ? Jean Mor n’en était pas certain. Le …

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Centenaire Zobel / Le bambou

Joseph Zobel, la tête en Martinique et les pieds en Cévennes

Août 2003. Ce matin, à mon réveil, je trouve Joseph dans un état concentration extrême devant un rameau de bambou. Sur la table, devant lui, des feuilles de papier à dessin d’une texture spéciale, une batterie de flacons d’encre de chine, à sa main un pinceau, en poils de martre précisera-t-il. Je restais sur le pas de la porte, évitant de le questionner. À cette heure où le soleil — vif pourtant — était très loin de son zénith, les vitres de la véranda diffusaient une lumière tendre, indécise, filtrée par les grands arbres autour de l’ostaou et adoucie par les montagnes alentours.
— Approche ! me dit-il en me montrant tout à la fois le rameau de bambou et le dessin qu’il venait de réaliser ; pour moi d’une incroyable exactitude.
— Voilà à quoi j’occupe toutes mes matinées. Un rameau de bambou que je dessine et redessine jusqu’à trouver sa vérité. Celle que l’on ne voit pas, mais qu’il contient pourtant. C’est une question de précision du trait, surtout dans tout ce qu’il a de flou, de maîtrise de l’encre, de contrôle de l’eau.
— Le résultat est déjà remarquable.
— Ne crois pas ça. Je m’en approche, un peu, mais c’est très loin d’être abouti. Regarde une peinture chinoise. Une vraie, pas un de ces ersatz sur les services à thé, et tu comprendras ce que je cherche. La pureté du trait. Le plus profond de l’âme humaine, une forme de sagesse. Ne cherche pas de mots ; cela n’a pas de nom.
C’est quelque chose que l’on sent. Je ne l’ennuyais pas. Il était fier de me montrer son travail et le chemin qui le guidait mais, en même temps, il avait hâte de retrouver sa solitude. Seulement, pour un Antillais de l’âge de Joseph, et pour chacun de nous je crois, il y a des rituels que nous nous devons de respecter. Ainsi, on ne dit pas : « Excuse-moi, je te laisse à ton travail », mais l’on s’éclipse avec juste ce qu’il faut de nonchalance pour que l’autre n’ait pas l’impression de nous avoir chassé. Croyez-moi, c’est tout un art l’élégance créole.
Un quart d’heure plus tard, je ressortais de ma chambre avec ce poème que j’avais pris la précaution de calligraphier ainsi que je sais le faire quand je m’applique.

Assis
comme un moine copiste
le pinceau à la main

Dessinant des bambous
d’une main qu’il voudrait
ne jamais voir trembler

Maîtrisant le silence
avec des mots qui claquent
comme le tambour bel air
Zobel interroge les ombres

Au loin
sur l’océan des îles
sa main se charge
de terribles orages

En cet été torride
la terre a soif de jardins

Joseph le reçu avec une émotion non feinte.
— Je vois que tu m’as compris, murmura-t-il d’une voix enfiévrée. Je ne désespère pas de te conduire un jour sur le chemin.
Pourquoi pas ? Un jour, peut-être, mais pour l’instant, et Joseph le sait, la vie me tient trop à la gorge.

©José Le Moigne
Joseoh Zobel, les pieds en Cévennes et la tête en Martinique, préface de Raphaël Confiant, Ibis Rouge éditions, 2à euro
Ibis Rouge Editions, BP 267, 97357 Matoury Cedex, Guyane Française
Ibis Rouge Editions © 1995-2015 – www.ibisrouge.fr

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Oct 30

Toussaint

Je n’avais rien perdu des paroles fortes de Sonson, lorsque, quelques semaines plus tard, à Brest, je remontais par les rampes, certaines assez pentues, qui mène du Moulin blanc à la place de Strasbourg. À mi-chemin, derrière un mur de pierres jaunes parsemé ci et là par des bouquets de maigres scolopendres, se trouve le …

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Sep 22

L’esclave du Ponant – La chambre de justice

 La chambre de justice On était parvenu aux premiers jours d’avril. Le printemps installait ses tendresses sur la falaise du château qu’il couvrait d’un tapis de primevères sauvages que l’on baptise ici bouquets de lait. Rendue à sa jeunesse, la rade, ivre de ses jeunes forces, tendait son échine nerveuse entre les vagues qu’elle défiait …

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Juil 04

L’esclave du Ponant – Monsieur Labbé de Lézergant

  Monsieur Labbé de Lézergant Madame de Plusquellec, cet hiver-là, ravie de voir le monde tourner autour de sa maison, faisait la roue avec un naturel qui n’étonna personne. De son côté, Claude de Noz, que d’aucuns trouvaient jusqu’à ce jour bien casanier pour un marin, se découvrit une vocation de coq de parade. Se …

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Juin 14

L’esclave du Ponant – La panique

La panique   Jérôme Tallec n’avait rien d’un évaporé. À plus de cinquante ans, cet ancien perruquier et prévôt de sa corporation, vivant à présent de ses rentes et membre par ailleurs du corps restreint des électeurs du maire, était un des hommes les plus honorables, voire des plus influents de la ville. D’une rondeur …

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Mai 29

L’esclave du Ponant – La fuite

La fuite Au petit jour, lançant la chasse à l’homme, le canon, le très fameux tonnerre, gronda du côté du bagne. Jean Mor n’y porta pas la moindre attention. A Brest, un bagnard qui s’évade, sans doute déjà repris, cela faisait partie de la routine. Affalé sur sa couche, il guettait, entre deux vagues endormissements, …

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Mai 11

L’esclave du Ponant – La tentative

La tentative Jean Mor essaya deux fois, les deux en pure perte. Le lundi, il introduisit trois des piments des bois dans le poulet qu’il avait mis à rôtir. Monsieur de Noz était un homme à deux vitesses. Sobre d’ordinaire, il ne se retenait plus lorsqu’on lui présentait de la volaille. C’est-à-dire s’il dévora le …

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