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Oct 11

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Faut il oublier le passé ?

Lemy Lemane Coco

Lemy Lemane Coco

L’individu sans passé peut-il se définir dans le présent ?
Mon passé fait-il de moi ce que je suis maintenant ?
Avons-nous besoin de points de repère pour nous situer dans le présent ?

On peut refouler le passé, décréter l’oubli, tenter de l’effacer de notre esprit, mais notre conscience le garde bien enfoui dans notre mémoire, car notre mémoire est le principal élément de notre équilibre psychologique. Elle est une donnée essentielle de notre nature, il serait vain de vouloir l’effacer.

Dans le présent, nous sommes le résultat d’une construction progressive qui s’est faite à partir du passé, puisque nous sommes conditionnés par les us et coutumes de notre peuple, l’héritage de notre ethnie, les mémoires génétiques, biologiques, psychologiques et familiales. Ce conditionnement procure l’ensemble d’émotions et de sentiments que nous avons et nous amène à subir le traumatisme historique qui se transmet de génération en génération ainsi que ses mécanismes de défense (réactions incontrôlées, attitudes inadaptées, dénigrements etc…)

C’est par la connaissance du passé que le présent acquiert une consistance, car il est un lien entre hier et demain. Et puisque la nature de notre existence même est de nous projeter dans l’avenir, nous devons nécessairement tenir compte du passé car, ce que nous avons vécu nous permettra de faire des choix judicieux. On ne peut être conscient de ce que l’on est si on n’est pas conscient de ce que l’on à été. L’avenir n’est rien s’il n’existe pas de passé pour le définir.

Sans mémoire, il n’y a pas de conscience. Être conscient de soi c’est savoir que l’on a vécu.
Si nous pouvons nous situer dans le présent, c’est parce que notre passé, nos expériences personnelles ont forgé notre individualité pour mieux nous connaître.
Se connaître, c’est avoir la force pour affronter demain, cette force nous donne la capacité d’acquérir de nouvelles facultés, elle nous permet de nous adapter à de nouvelles situations pour mieux nous insérer dans le présent.

La conscience de soi est le seul élément qui nous permet de façonner l’avenir et d’avoir un jugement personnel. Ce jugement est la vision affective de soi.
Sa particularité est : l’évaluation des connaissances acquises, de nos qualités, de nos défauts et surtout la conviction d’en avoir.

La vision de soi est le jugement est le plus important qui soit. Elle se façonne à partir de notre vécu, et doit occuper une place importante dans notre imaginaire, puisque le regard sur soi est vital pour l’équilibre psychologique.

Cependant, pour notre équilibre psychique, il semble nécessaire de pouvoir oublier certains événements passés qui deviennent un frein à notre évolution. Il ne s’agit pas d’un oubli total, mais d’une résilience.

La résilience, selon le Dr Boris Cyrulnik «c’est surmonter les pires épreuves, c’est rebondir, c’est la capacité d’absorber des traumatismes psychologiques et de s’adapter à des situations critiques par une force intérieure.»

La résilience nous permet de faire face aux événements et aux difficultés de la vie en abordant les difficultés comme un défi à relever. Elle se construit dans la durée avec la connaissance du passé, de son histoire et la conscience de soi. Mais sa construction n’est pas sans peine, c’est le fruit d’un travail dur et forcé sur soi-même qui génère l’équilibre de l’estime de soi fondée sur une assise solide.

L’estime de soi détermine la capacité que nous avons chacun à faire face aux défis de notre existence, de comprendre nos problèmes et aussi de les maîtriser.
Notre passé détermine ce que nous sommes au sein d’une société et notre avenir est déterminé non pas par notre histoire collective ou individuelle, mais par ce que nous pensons de notre histoire.

Lémy Lémane Coco

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