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en Guadeloupe

En Guadeloupe, l’urbanisation modérée du territoire s’est essentiellement développé le long des côtes avec deuxaires urbaines prédominantes, les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes au sud-Ouest de la Grande-Terre et la commune de Basse-Terre au Sud-Ouest de la Basse-Terre.
L’emplacement de la ville de Pointe-à-Pitre fut choisi par les colons en 1654, pour protéger les navires des mauvais vents. La commune s’est développée peu à peu autour du port, de quelques entrepôts et, aux alentours, de champs de canne à sucre. L’expansion de la ville fut considérablement retardé par la mangrove environnante et ses milliers de moustiques.
Vers 1759, lors de l’occupation anglaise. Les Anglais décidèrent de mener des travaux d’assainissement de grande ampleur. A cette époque, le bourg occupait le morne Renfermé qui affleurant les marais.
Ce n’est qu’à partir de 1763, que la ville prend son véritable essor.
Pointe-à-Pitre fut officiellement fondée en 1764. A cette date, elle prit très vite son essor urbain avec l’aménagement d’une place tournée vers la mer, la future place de la victoire.
L’incendie de 1780 freine à peine son extension, mais permet de définir un premier plan d’alignement qui lui donne sa trame orthogonale, caractéristique des villes coloniales du XVIIIème siècle.
La ville s’est structurée autour d’éléments fonctionnels tels que les places Sartine et du Marché.
Les bâtisses les plus anciennes ont fait place à des constructions très diverses et hétéroclites. En effet, face à la peur du feu, de nombreuses maisons furent édifiées en dur tandis que face au risque sismique, d’autres sortirent de terre en bois.
En 1830, après deux plans directeurs qui lui ont permis de s’étendre, le creusement du canal Vatable défini les limites définitives de la ville.
A cette époque, Pointe-à-Pitre achève son plan d’urbanisme avec en particulier l’aménagement des places et se dote d’une nouvelle église avant de réaménager ses édifices militaires.
Au cours du XIXème siècle, La ville sort des limites du canal Vatable, en rupture totale avec les planifications antérieurs.
Les faubourgs nord se sont établis avec le prolongement de la voirie de la vieille ville, mais cette zone marécageuse mal remblayée est sujet aux inondations.
L’installation de l’usine Darboussier en 1869, à l’entrée de la Darse consacre l’extension sud-est de la ville.
Cette époque marque les derniers grands travaux d’urbanisme avec l’aménagement des boulevards.
Les Musées Schœlcher et Saint-John Perse sont typiques de l’architecture industrielle du XIXe siècle. Classé monument historique en 1987, le Musée Saint-John Perse offre ainsi une superbe illustration de dentelle métallique non sans évoquer au travers de ses fanfreluches en zinc la lointaine Louisiane. Le Musée Schœlcher quant à lui, inauguré le 21 Juillet 1887, et superbement rénové récemment; représente dans toute sa beauté un bâtiment destyle classique. Hautement coloré aujourd’hui, doté de grilles métalliques savamment travaillées et de pierres de taille polies par le temps et les pas, il mérite également un petit détour.
En 1928, la ville fut ravagée par un cyclone, ce qui permis de voir l’émergence d’une architecture nouvelle, marquée par l’œuvre d’Ali Tur.
Envoyé par le ministère des Colonies, l’architecte Ali Tur introduit le béton armé et construit à Pointe-à-Pitre, le palais de justice, l’hôpital, la capitainerie et d’autres bâtiments disparus aujourd’hui.
Les années d’après-guerre sont marquées par la forte croissance urbaine et la rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre (RUPAP).
Cette rénovation permis à de nombreux habitants de quitter leurs cases insalubres, des quartiers périphériques pour des logements neufs.
Cette opération fut la plus vaste que la France ait connue. Elle modifia considérablement l’emprise urbaine des faubourgs. Certains espaces furent gagnés sur la mangrove, d’autres furent gagnés sur la mer tel que le quartier Lauricisque.
A cette période, l’architecture contemporaine se dévoila avec les architecte Creveaux et Tessier.
Leurs principes sont inspirés de l’architecture corbuséene. Ils guidèrent la construction de l’hôtel de ville au forment épurées.
En trente ans de travaux, la RUPAP a définitivement modifié le paysage urbain des faubourgs . La ville est désormais organisées autours d’éléments administratifs (hôtel de vile, poste), culturels (centre des arts,…) ou sportifs.
Dans les années 1960, les architectes Guérino Diligenti, Michel Corbin et Edmond Mercier dans la lignée du courant moderniste inspiré par Ali Tur construisirent le Grand Hôtel et le siège de la CCI (Diligenti), le kiosque à musique et le palais de la mutualité (Corbin) et la banque des Antilles françaises (Mercier).
A la même époque est édifié le cinéma de la Renaissance avec sa façade Art Déco.
Aujourd’hui, certains quartiers font l’objet de nouvelles rénovations au travers de l’aménagement des entrées de ville, création d’espaces verts et piétonniers. Les réalisations architecturales en béton du XXème siècle, s’inscrivent élégamment et parfaitement dans le tissu urbain à côté de l’habitat traditionnel.
L’emplacement de l’actuelle site de la ville de Basse-Terre, fut concédé le 26 janvier 1637 aux pères dominicains par Charles de l’Olive, premier gouverneur de l’île.
Le site s’étendais de la rivière appelée de » la Pointe des Galions », jusqu’à la petite rivière appelée « la Petite Rivière » et de la mer jusqu’aux montagnes.
En 1639, le lieutenant général Aubert, successeur du sieur de l’Olive, accorda aux premiers colons d’autres concessions de terres sur la rive gauche du Galion. Ce n’est qu’en 1640, qu’il reçut l’ordre du roi de fonder une ville fortifiée.
Basse-Terre se construisit en deux bourgs, l’un autour de l’actuel Fort Delgrès, l’actuel quartier du Carmel et le second de l’autre côté de la Rivière aux Herbes.
En 1736, sous l’impulsion de la congrégation religieuse des Capucins, une nouvelle église et une nouvelle communauté furent fondées, à l’origine du quartier de Saint-François.
Le bâtiment religieux de style baroque est construit en pierres de taille est une pièce maîtresse du patrimoine architectural de Basse-Terre.
Le quartier devînt le théâtre d’une vie marchande et d’une activité portuaire intense.
À l’époque, toute l’architecture de ce quartier bourgeois et riche est pensée pour favoriser sa vocation marchande et maritime.
Les ruelles, les entrepôts, les quais sont autant de liens entre la mer et le bourg, où circulaient les marchandises destinées tant à l’importation qu’à l’export.
Les rues sont reliées entre elles par des passages; les entrepôts aux baies très hautes assurent la liaison entre les quais et la ville pour le chargement et le déchargement des marchandises.
En 1748, le gouverneur de Clieux donna à la topographie du terrain une configuration parcellaire en damiers.
En 1765, un pont en pierre est construit sur la ravine à Billaud, sur ordre du gouverneur Nolivos, facilitant ainsi le développement du bas du bourg Saint-François, qui deviendra le quartier du « Bas du bourg ».
Le gouverneur Nolivos a beaucoup contribué à l’accroissement et à l’embellissement de la ville par le partage des rues, l’aménagement des abords de la Rivière aux Herbes, l’installation d’une place et d’une fontaine publique.
Dix ans plus tard, le Comte d’Arbaud repris la politique d’urbanisme initiée par le gouverneur Nolivos.
Cette fin de siècle vit l’édification de la Maison Chapp, monument classé, remarquable par sa construction en pierre de taille volcanique, matériau noble et signe extérieur de richesse au XVIIe siècle. Ce fut également l’époque de la construction de la Maison Coquille (1780) par le procureur général
Coquille, frère du général Dugommier; située en plein centre de la ville de Basse Terre. La maison en pierres et en bois, s’articule autour d’une cour intérieure. Elle est pourvue de tourelles ainsi qu’une galerie dotée d’un balcon. Elle est classée monument historique en 1990; elle est actuellement en cours de restauration.
A la fin du XVIIIème siècle, l’armature urbaine actuelle de Basse-Terr est pratiquement achevée.
En 1818, les travaux d’embellissement de la ville sont repris par le gouverneur Lardenoy.
Il fit ériger un hôpital militaire à l’emplacement de l’ancien couvent des carmes, qui devînt par la suite le lycée de la ville.
En ce début de XIXe siècle, la ville de Basse-Terre est confrontée à de graves problèmes d’insalubrité et à une série de cyclones, freinant ainsi son développement. Les abords du Champ d’Arbaud, les rues Lardenoy et de l’Arsenal, sont à peu près les seuls au Carmel à avoir connu une extension, avec le quartier Saint-François.
Situé sur le sentier qui relie le quartier Saint-François au Carmel, le nouveau quartier « Circonvallation » attira une partie des habitants fortunés.
Sous le municipe de Bernus, le centre ville vit la couverture du marché.
En 1850, l’église Saint-François, fondée par les capucins fut élevée au rang de Cathédrale, sous l’invocation de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe.
La création d’un nouveau pont sur la Rivière aux Herbes puis la construction de l’Hôtel de Ville en 1889 et de l’appontement en 1908.
La Cathédrale Notre-Dame-de-la-Guadeloupe devint Basilique, en 1877.
A la suite du cyclone de 1928, dans le cadre des travaux prévus pour célébrer le tricentenaire de la présence française en Guadeloupe, une vaste politique d’amélioration de l’urbanisme de la ville est menée.
Ces travaux permirent de modifier le paysage urbain et de faciliter l’accès au centre ville des automobiles.
Sous l’égide de l’architecte Ali Tur, des bâtiments d’envergures sont construits comme le Conseil Général, le palais de justice, le palais d’Orléans – résidence du Gouverneur – , l’hôpital Saint-Hyacinthe et le bureaux pour les services publics et du Trésor, … .
Dans la seconde moitié du XXème siècle, le développement de l’économie bananière s’accompagne de constructions de cases traditionnelles modestes, tandis que la bourgeoisie préfère s’installer dans les communes voisines de Basse-Terre (Saint-Claude, Gourbeyre, Baillif).
Maire de la ville de 1947 à 1953, le docteur Pitat fit goudronner l’ensemble des rues.
Le maire Feuillard sous son mandat de 1958 à 1971 fit construire les groupes scolaires de Campenon, Circonvallation, Bas du Bourg, Bébian, agrandit le lycée et fit réaliser le boulevard maritime.
Dès 1965, les premiers logements sociaux furent construits aux abords du square Pichon, de la Rivière des Pères, à Petit-Paris et Desmarais.
En 1976, l’éruption phréatique de la Soufrière fit perdre à la ville de nombreux habitants ainsi que son dynamisme commercial.
Aujourd’hui classée ville d’art et d’histoire, Basse-Terre est une bonne représentation de l’architecture créole mais elle offre également une image contemporaine.

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