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Bâtiments Religieux

Les ordres religieux ont occupé dès les premiers jours, une place importante dans la colonisation des îles. Jésuites, Capucins, Carmes et Dominicains ont contribué au développement des villes Guadeloupéennes et Martiniquaises mais ils ont également marqué considérablement la vie culturelles et économique des îles.

D’abord simples cases de fortune, palissadées de planches sur des fourches de bois enfoncées dans le sol, ouvertes d’un toit de paille. Les grands ouvrages de prestiges en pierre, furent élevés vers le milieu du XVIIème siècle mais ce n’est qu’à partir du XIXème siècle, que le bois cède la place à la pierre. Le bois n’a pas pour autant totalement disparu des églises; puisqu’il apparait encore dans les magnifiques charpentes en carène. Souvent masquées par des lambris, elles témoignent d’un grand savoir faire hérité des charpentiers de marine.

En Guadeloupe, le développement du bourg de Basse-Terre (correspondant à l’actuel quartier du Carmel) en 1635, ne fut possible que grâce à la participation des Dominicains puis des Carmes. En 1682, le bourg comprenait quatre établissementsreligieux.
En 1673, les capucins installés au nord de la rivière aux Herbes, sont à l’origine du quartier de Saint-François.
Il ne reste aujourd’hui, que deux églises, celle des jésuites dédiée par les Carmes à Notre-Dame du Mont-Carmel et celle des capucins, devenue Cathédrale en 1850, puis basilique en 1877.

En Martinique, le bourg de Saint-Pierre connu un développement comparable à celui de Basse-Terre, grâce à la participation des ordres religieux.
La première église de Saint-Pierre date de 1678, elle fut fondée par les Jésuites et vouée à Saint-Pierre. Une vaste concession fut concédée aux Jésuites; limité au nord par la rivière, qui fut dès lors nommé « rivière des Pères ».
Les ravages du cyclone de 1891 furent le prétexte pour la rénover tout en gardant la référence baroque du bâtiment initial.
Aujourd’hui, elle laisse voir le chaos laissé par la nuée ardente en 1902.
Une deuxième paroisse fut érigée en 1684, à Saint-Pierre, par les Dominicains; située dans le quartier du Mouillage.
Elle fut détruite par un bombardement anglais en 1667 puis reconstruite en 1675. Agrandie de 1855 à 1856, les deux tours sont ajoutées trente ans plus tard. L’église du Mouillage fut promue Cathédrale, en 1853.
La Cathédrale fut détruite par la nuée ardente. Elle fut relevée à l’initiative de Victor Depaz, en 1923.
Elle intègre avec sobriété les vestiges encore visible, sur le premier niveau de la façade.

Un an après la fondation du bourg de Basse-Terre par les Dominicains, le père Breton qui créa la paroisse de Vieux-Habitants et dédia la maison de Dieu à Saint-Joseph. Cet édifice fut construit à l’époque, par des ouvriers bâtisseurs francs-maçons du Limousin.
L’emblème de la région des tailleurs de pierre est gravé sur les deux pilastres encadrant le porche. En 1703, les anglais incendie l’église. Elle fut reconstruite par les capucins sur le même emplacement.
Bâtisseur éclairé, le père Vincent, fit édifier une construction d’envergure avec des contreforts massifs, destinés à renforcer la maçonnerie de l’édifice. L’église revêt un aspect original, de fortification. Son porche est classé monument historique, depuis 1975.

La première église de Fort-de-France fut construite en bois, en 1671. Elle fut incendiée par les hollandais en 1674 puis reconstruite en 1686.
L’église fut totalement détruite par le tremblement de terre de 1839. L’église Saint-Louis devînt Cathédrale en 1851, à l’arrivée du premier Évêque, Mgr Le Herpeur. L’incendie de 1890, détruisit complètement l’édifice.
La reconstruction fut confiée à Henri Picq qui édifia la structure métallique de l’église actuelle, sur les fondations de l’ancienne église du XVIIème siècle. La construction s’étala de 1891 à 1895.
La charpente métallique allié au arc-boutants néogothique et la sobriété du décor extérieur, font de la Cathédrale, un des plus beau monument religieux de la fin du XIXème siècle.

L’église Saint-Etienne du Marin, en Martinique, construite en 1766, est un superbe église de style jésuite. C’est également l’une des plus belles églises de l’île. Sa façade est en pierre de taille et son beffroi est construit en bois d’Inde. Sa charpente révèle le savoir faire des charpentiers de marine. Son clocher séparé du corps du bâtiment, en fait une exception.

En Guadeloupe, la première église paroissiale de Pointe-à-Pitre date de 1775; elle fut détruite en 1794, lors de l’abolition de l’esclavage.
En 1807, la première pierre de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul fut posée. Détruite par un tremblement de terre en 1843, elle fut reconstruite entre 1847 et 1853 par l’architecte Alexandre Petit.
L’architecte Petit adopta pour la reconstruction, un principe novateur pour l’époque. Il choisit d’insérer dans la maçonnerie des murs un double pan de fer devant assurer la stabilité de l’édifice. La façade est d’origine malgré quelque modifications. Elle se signale par la monumentalité d’un double étagement de colonnes surmonté d’un fronton triangulaire.
L’église due fermer en 1867, car le bois de la nef était pourrie. L’architecte Voyer Trouillé proposa de remplacer la maçonnerie ancienne des voûtes par une structure métallique. Le montage de la charpente fut achevé en 1873.
Depuis la fin des années 80, une campagne de restauration est menée afin de restaurer la structure métallique.

Le XXème siècle, nous a légué aussi son lot d’églises remarquables, issues de l’architecture métallique, moderniste… .

En Martinique, le Sacré-Cœur de Balata est la réplique exacte au cinquième, de la Basilique Montmartre, de Paris. Après l’éruption de la Montagne Pelée en 1902, et l’augmentation de la population qui s’ensuivit, Fort de France dû répondre à la demandes des fidèles.
En 1915, Monseigneur Lequien décida de faire construire une nouvelle église dans la banlieue de Fort de France. La construction fut confiée à l’architecte Français Wuifflef et Verrey. L’église du Sacré-Cœur se dresse sur le morne Savon au coeur de la végétation luxuriante de Balata.
De forme trapézoïdale, l’église mesure en moyenne 35 mètres de large pour environ 55 mètres de long, elle représente plus de 300m cube de béton armé et 50 tonnes d’acier.
Son campanile s’élève à 38 mètres et sa coupole est agrémentée de 16 vitraux. C’est l’une des premières constructions en béton armé de la Martinique, dont les travaux débutent en 1923 et s’achèvent en 1925 sous la direction du Père spiritain Bernard Arosteguy. (Source : http://www.fortdefrance.fr)

L’église du Prêcheur est la pus ancienne construction moderniste de la Martinique. Elle a été réalisée par l’entreprise René Dantin, mais son architecte reste encore inconnu. L’environnement paisible concède à l’église énormément de charme. Les clochers élancés ont une allure néo-orientale dont la façade porte à son fronton, des claustras qui lui donne de faux airs de moucharabiehs. L’ordonnance de la grande nef est révélé par la structure apparente des poutres de béton. Le bâtiment sobre est animé par les ouvertures en rosace, aux couleurs primaires, situées au-dessus de l’autel.

Autre édifice religieux du XXème siècle, l’église de Massabielle domine Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), depuis 1938.
Elle fut édifié sous la conduite du père Robin au lendemain du cyclone de 1928. L’église se caractérise par une façade néogothique et une nef lumineuse. Le locher haut de 35 mètres fut entièrement détruit par le cyclone Hugo en 1989. Il fut reconstruit en laissant apparaître la charpente métallique.

L’église du Sacré-Cœur à Pointe-à-Pitre est l’œuvre aboutie de l’architecte Isnard. En 1953, la crypte de la paroisse du Sacré-Cœur-de-Jésus est bénie et ouverte. Après quelques problèmes, le 5 Février 1967, le bâtiment est entièrement et définitivement ouvert au culte. Édifice singulier, très massif, dépourvu d’éléments de décor, cette église, contrairement aux deux autres de la ville, a la particularité de ne pas avoir de clocher.

Depuis 1953, le Carmel Notre-Dame de la Résurrection domine les Gorges du Gallion. Le monastère est une splendide construction en arcades, sertie dans son écrin de verdure; à l’initiative de Mgr Jean Gay, évêque de Guadeloupe et des quatre professes, qu’il fit venir du monastère de Cholet (France), Mère Jeanne de l’Enfant Jésus, Mère Anne de Jésus, Mère Marguerite-Marie du sacré-Cœur et Sœur Jeanne du Saint Esprit.

Les églises ont marqué les villes antillaises de par leurs architectures mais aussi de par leur incroyable pouvoir à se redresser. Un jour détruite, un autre reconstruite. De style et d’époques différentes, elles sont l’âme des Antilles.