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Bâtiments Administratifs

Les équipements administratifs, Préfectures, mairies, écoles, hôpitaux civils, bureaux de poste, tribunaux, prisons… , se sont multipliés tout au long des siècles, avec la place considérable que prenait les territoires coloniaux.
C’est sur la période du XVIIIème au XXème siècles, avec la multiplication des fonctions administratives que l’histoire, nous a légué la plus grandes diversités de bâtiments empreints de l’architecture coloniale, créole et contemporaine.

Le premier hospice civil de Fort-de-France fut bâti en 1793, puis reconstruit en 1850. Mais il fut détruit en 1890, par un incendie.
A cette époque, il fut décidé de le rebatir à l’extérieur de l’agglomération.
Reconstruits entre 1897 et 1899, l’ancien hôpital civil formait un ensemble de longs bâtiments en bois, à galeries périphériques. Ils furent désaffectés en 1984. Suite à son abandon, le bâtiment fut dépecé et démoli.

En Guadeloupe, la Sous-Préfecture de Pointe-à-Pitre située Place de la Victoire est un édifices daté du XIXème siècle. Il est formé par un corps de caserne composé d’un logis central prolongé par deux ailes. Le bâtiment fut bâtien maçonnerie, brique et pierre calcaire; agrémenté d’une galerie de circulation composée de colonnes en fonte, placées sur la façade Est de l’édifice.

A Pointe-à-Pitre, au lendemain du tremblement de terre de 1843, il fut décidé de fonder un hospice civil dans les faubourgs nord de la ville.
L’hospice Saint-Jule était un édifice novateur pour son époque. Le bâtiment en « T » est constitué d’un rez-de-chaussée en maçonnerie et d’un premier étage en pan de bois avec remplissage en brique. Perpendiculairement à l’hospice, agencé dans l’axe, s’élève une chapelle. En 1883, l’hospice « Saint-Jules » fut renommé en « hôtel-Dieu de la Pointe-à-Pitre », par le maire Armand Hanne. En 1911, suite à la loi de la séparation de l’église et de l’état, l’établissement prit le nom d’ »Hôpital autonome » jusqu’à la construction du nouvel hôpital en 1930.
En 1970, le conseil municipal décida de réaménager le bâtiment en centre culturel qui prit le nom de Rémy-Nainsouta.
Après le passage du cyclone « Hugo », en 1989, le centre fut restauré. Les murs en maçonnerie du rez-de-chausséefurent conservés mais en revanche à l’étage le béton vêtu d’un bardage de bois, remplace la maçonnerie entre les poteaux et le faux plafond disparait pour laisser apparaitre la charpente de bois en forme de carène.

La bibliothèque Schoelcher, inaugurée en 1891, est un des chefs d’œuvre de l’architecte Henri Pick.
Elle fut tout d’abord montée à Paris,en 1887, place du Carrousel.
Le bâtiment fut démonté et transporté par bateau, jusqu’à Fort-de-France pour être remontée sur le site actuelle.
La bibliothèque est destinée à l’éducation et la culture des martiniquais. Elle propose aujourd’hui, un fond de 130 000 livres composé de la donation de Victor Schoelcher.
L’édifice est un complexe mélange de styles byzantin, égyptien et d’art nouveau.
Le bâtiment est principalement est soutenu par une structure métallique, enveloppé par une maçonnerie de béton, brique, pierre, bois et d’ouvertures en verres. Pièce maîtresse de la bibliothèque, le dôme en verre capte une grande partie de la lumière. Un éclairage nocturne met particulièrement en valeur la structure du bâtiment.

Le Musée Schoelcher inauguré le 21 juillet 1887, est à la fois musée d’art et d’histoire. Il a été fondé à la suite des dons effectués par Victor Schoelcher à la Guadeloupe. Les travaux en eux-mêmes durèrent deux ans et les architectes s’employèrent à édifier un bâtiment dans le style classique de l’époque. Aujourd’hui, ce Musée reste un très rare exemple de construction ancienne de prestige encore debout et c’est ce qui fait toute son importance. Le décor de sa façade en est très soigné avec des pilastres cannelés à chapiteaux et des moulures ornées. En dessous, on retrouve des moellons calcaires recouverts d’enduit à la chaux. Construit sur un rez-de-chaussée et un étage, il a cependant bénéficié d’un agrandissement lors de la rénovation de 1984. Sous les combles, une petite salle d’exposition a ainsi été aménagée dans le but d’accueillir de nouvelles pièces.
Sa façade, initialement rose est riche de nombreuses moulures et balustrades
en fer forgé. Malgré les ans, ces dernières sont restées intactes et aujourd’hui, grâce aux efforts entrepris par la commune et le Conseil Général, cette magnifique demeure de Pointe à Pitre accueille les visiteurs avec une nouvelle façade jaune ocre.
Doté de ce fort caractère, le Musée s’affiche comme un lieu culturel incontournable et chaque visiteur peut découvrir dans la cour en entrant, une très belle statue du buste de Victor Schoelcher.

Réalisation majeure de la fin du XIXème siècle, l’ancien hôtel de ville de Pointe-à-Pitre, aujourd’hui médiathèque Achille René-Boisneuf, est un chef d’œuvre typique de l’architecture publique antillaise.
Le bâtiment se compose de deux niveaux, un rez-de-chaussée en brique élevé sur un vide sanitaire, recouvert d’un enduit et d’un étage et combles en bois. La façade est magnifiquement décorée, encadrement moulurés des chambranles, pilastres, fris à denticules, frise en zinc le long de la corniche du toit.
Le rythme ordonnancé des pilastres doriques et ioniques bordant les ouvertures cintrées au rez-de-chaussée et en plates-bandes à l’étage, démontrent un style résolument néoclassique.
L’intérieur du bâtiment, mainte fois transformé, a gardé une trace de chaque occupation; notamment l’imposant coffre-fort, lorsqu’il abritait les services municipaux et la Caisse d’épargne. On accède au bâtiment par un superbe escalier en pierre de taille. Toute la profondeur de l’édifice est occupée par un couloir central, servant de vestibule. De part et d’autre se trouvent des salles disposées en enfilades. Au fond du couloir se trouve l’escalier d’honneur, à deux volets et à palier intermédiaire. Il donnait accès à la salle des délibérations.
Après avoir accueilli l’hôtel de ville, le bâtiment abrita par la suite, la première bibliothèque de Guadeloupe de 1959 à 1977. Jugé vétuste, il fut fermé et classé monument historique en 1987. L’année suivante, débutèrent les travaux de restauration qui durèrent dix ans. Les structures en bois furent changées et les éléments métalliques, pour certains, furent refaits.
Le nouvel hôtel de ville, inauguré en 1973, est l’œuvre des architectes Creveaux et Tessier. Le bâtiment est inspiré par le mouvement corbuséen.
Conçu entièrement en béton armé, le bâtiment repose sur 53 poteaux enfoncés à près de 18 mètres sous terre, lui assurant une certaine stabilité. Le sol étant composé de remblais, reposant sur de la vase.
D’un point de vue architectural, le béton brut de décoffrage donne une certaine singularité et une originalité à l’édifice. Ce procédé n’est pas sans rappeler l’architecture corbuséenne.
A l’intérieur, les 4000 mètres carrés se déploient sur quatre niveaux. Le béton brut tranche avec les boiseries et les teintes chaudes de bois vernis, comme dans la salle du conseil.

Première construction guadeloupéenne de la campagne de reconstruction des bâtiments administratifs, et œuvre pointoise majeur de l’architecte Ali Tur. Le Palais de Justice fut érigé en 1930-1931, suite au passage destructeur du cyclone de 1928.
Le bâtiment actuel occupe l’emplacement du précédent palais; construction en bois néoclassique réalisé au milieu du XIXème siècle.
L’ouvrage architectural est posé sur un soubassement aveugle, authentique muraille couronné par un magnifique auvent au-dessus de la salle des pas perdus. L’accès à cette salle se fait par deux escaliers latéraux droits, ce type d’accès existait déjà sur le précédent Palais de Justice.
Ces grands escaliers longent la façade mais ne sont juste que suggéré par le traitement « en escalier » du grand mur d’enveloppe.
Espace semi-public semi-ouvert, la salle des pas perdus entretient une forte relation avec l’espace extérieur, ces deux ensembles ne sont séparé que par une petite grille.
Le palais est une architecture parfaitement maîtrisée, symétrique fondée sur la précision des proportions et des rythmes. On peut noter le nombre impair des ouvertures conduit par les colonnes, trois baies latéralement et cinq au centre.
Visibles de l’extérieur, les salles d’audiences sont marquées par des empilement de volumes en dégradé jusqu’au toit en terrasse.
Laissant une impression de millefeuille.
Les excroissances marquent l’importance du lieu et permettent une aération naturelle des locaux par leurs grandes ouvertures hautes.
Dans les années 80, afin de gagner de l’espace, l’administration fait remplir en lames de béton horizontales les espaces entre les colonnes pour y aménager des bureaux.
Ces modifications rendent massif le bâtiment originel, dont la conception se signalait par sa finesse et son élégance.

L’hôpital général de Pointe-à-Pitre, érigé sur le morne Jolivière, fut bâti en 1930 par l’architecte Ali Tur.
Le bâtiment est conçu sur un plan en « L » autour d’une cour. Un important réseau de coursives périphériques déservent les différents pavillons et services, permettant ainsi de se déplacer en étant toujours abrité du soleil et de la pluie.
L’architecture générale du bâtiment est très sobre montrant ainsi la grande rigueur fonctionnelle de l’architecte. Les grandes ouvertures munies de lames de bois assurent une bonne ventilation naturelle.
L’entrée est majestueusement marquée par un porche vouté et, sur la droite, l’ancien logement des médecins témoigne de la modernité d’Ali Tur et du savoir-faire des maçons de l’époque.
En 1970, l’hôpital général fut intégré au nouvel hôpital, le CHU Pointe-à-Pitre-Abymes, et fit corps avec l’ensemble.

Le Lycée Schoelcher à Fort-de-France, implanté le long des pentes de Bellevue, face à la mer d’où il domine la baie, est une pièce unique du patrimoine martiniquais; dans lequel exerça Aimé Césaire.
Livré en 1936, l’architecture du Lycée a été attribué à Honoré Donat. Il doit son nom à l’ancien lycée de Saint-Pierre, disparu en 1902.
La conception des structures représentent l’aboutissement des connaissances parasismiques de l’époque. Les bâtiments du Lycée ont été conçu selon la technique du poteau-poutre.
Le dessin de l’ensemble rend perceptible la structure en réseau. Les corps d’immeuble comportent les salles de classes traversantes, précédées de larges galeries circulantes pour une ventilation naturelle. Les circulations constituent un enchevêtrement complexe de passerelles et d’escaliers.
Depuis plus de vingt ans, le Lycée doit être remis en état mais ces travaux semblent aujourd’hui compromis.

A Basse-Terre, l’architecte du ministère des Colonies, Ali-Georges Tur, fut chargé de reconstruire les bâtiments publics.
L’architecte possède un style original, à travers une formation marquée par l’écoule des Beaux-Arts et par de nombreuses références aux réalisations d’Auguste Perret.
Ses principales œuvres architecturales pour la ville de Basse-Terre, commandées suite au désastre de 1928, sont les Palais de Justice, du Conseil général, et d’Orléans.
Construisit en 1932 et classé Monument Historique en 1997, le Palais du Conseil général de Guadeloupe est réalisé en béton armé.
Préféré aux matériaux traditionnels, le béton est utilisé pour ses qualités de résistance, avec des structures poteaux-poutres aux hourdis d’agglomérés enduits au mortier de ciment.
De l’autre côté du boulevard du Gouverneur Félix Éboué, se dresse le Palais de Justice, érigé en 1935.
On accède au bâtiment par un emmarchement se terminant sur un patio semi-circulaire, d’où s’ouvrent deux ailes abritant les différents services.

La Mairie de Saint-Pierre, petit chef d’œuvre d’inspiration Art-Déco, érigée en 1934; est apparenté aux créations d’Ali Tur, en Guadeloupe. Elle est vraisemblablement l’œuvre de l’architecte Louis Caillat. Le plan de la mairie est proche de celui d’une église, la salle des délibérations ressemble à un chœur et le clocheton frontal s’élance comme une flèche vers les cieux. Le voile de béton audacieux de la toiture donne un dynamisme réussi à l’ensemble. Les jalousies en béton des façades apportent une double solution, la ventilation naturelle et l’éclairage. La mairie fait partie des joyaux modernistes des Antilles.

Principale réalisation en Martinique de l’architecte Marcel Salasc, la Maison des Syndicats fut livrée en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Cet exceptionnel bâtiment organise l’ensemble des volumes autour d’un patio circulaire. Trois cylindres emboités composent la façade laissant apparaître une monumentale entrée donnant sur cinq sections. L’entrée s’ouvre par trois grands portails de bois sur un vaste hall conduisant à une imposante console art-déco.
Deux grande salles oblongues sont disposées de chaque côté de l’entrée. Rare en Martinique, le patio intérieur rafraîchi le bâtiment tout en mettant en scène un jardin bienvenu aux massifs tout en courbes. Une galerie circulaire enceint le patio créant un nouvel espace de transition. Restauré en 2004, le bâtiment a su sauvegarder son caractère.

L’immeuble de l’IEDOM (Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer) fut construit par les architectes Tessier et Creveaux, en 1960.
Le bâtiment est emblématique de l’influence de l’architecture corbuséenne mais réinterprétée par une meilleure adaptation aux conditions locales, par l’emploi systématique du brise-soleil.