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le Carbet

La présence humaine est attestée dans les Petites Antilles depuis le second millénaire avant J C. (période précéramique).
Il ne reste pas de traces d’habitat visibles laissé par les précédentes civilisations, nous connaissons que celui des Callinagos, souvent décrit par les chroniqueurs de l’époque.

Le Père Ramond BRETON rapporte au sujet du Carbet :
« …Ils (les caraïbes) en font premièrement une grande commune à tous de soixante, quatre-vingts et cent pieds de long, plus ou moins qu’ils appellent KAREBET. Autour de cette grande, ils en font de petites pour chaque mesnage… « 

Le Carbet était l’abri central de la communauté amérindienne. Il était bâti en bois sans murs, d’une longueur de dix-huit, vingt-quatre voir quelque fois de trente mètres. Le bâti est adapté à la morphologie des habitants. Les amérindiennes ne dépassaient pas 1,60 m pour les hommes et 1,45 m pour les femmes, les hauteurs sous plancher dans le cas des carbets sous pilotis sont d’environ 1,75 m, permettant ainsi d’aménager des espaces de rangement accessibles; sachant que presque tout est suspendu. Les dimensions horizontales doivent leur origine à la taille des hamacs. Les pentes de la toiture sont peu accentuées.

Ses caractéristiques étaient l’abaissement de la température, due à la large surface d’ombre permettant de garder une partie de la fraicheur nocturne (jusqu’à 7°C), la protection de la pluie, et le jeu du clair-obscur qui permettait de voir, tout en étant partiellement dissimulé.

Autour du Carbet étaient construis des « mouïnas », petites cases rudimentaires, et les ajoupas représentant les espaces dédiés au repos des membres de la famille. Constituées de branchages tressés et de toits en palmes, ces premières cases ont la particularité de pouvoir être édifiées rapidement ce qui permet une reconstruction aisée après un cyclone. Conçues sans plancher, ni fondations, ces huttes amérindiennes n’ont laissé que peu de vestiges archéologiques dans la Caraïbe.

Le Père Breton en fait la description suivante :
« Les cases sont faites de fourches d’arbres, plantées en terre, jointes avec d’autres pièces de bois qui tiennent l’une à l’autre. Là-dessus, ils mettent des chevrons qui vont jusqu’à terre et couvrent le tout de feuilles de latanier ou de roseaux ».

En fait, il s’agit d’un toit à deux versants touchant le sol.
Certains chroniqueurs ont aussi signalé l’existence de « mouinas » ovales.