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l’Histoire de l’esclavage en Guadeloupe

Petit-Canal - Marches aux Esclaves - Mémorial de l'esclavage

Petit-Canal – Marches aux Esclaves – Mémorial de l’esclavage

le 8 Janvier 1455
Le pape Nicolas V délivra la bulle Romanus Pontifex au Roi Alfonso V du Portugal. Cette bulle concéda au roi la faculté pleine et entière d’attaquer, conquérir et de réduire tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ en servitude perpétuelle.

1635
La compagnie des îles d’Amérique, organisation marchande française, est créé sous l’impulsion du Cardinal de Richelieu.

1640
Un édit du Roi interdit la mise en esclavage des indiens Caraïbes, pour des raisons stratégiques.

1642
Louis XIII autorisa l’esclavage avec obligation d’instruire dans la religion catholique et de convertir au christianisme les esclaves.

Mai 1643
La Pentecôte voit l’arrivée des premiers esclaves africains sur la sol guadeloupéen.

1664
Le Roi de France, Louis XIV, verse à la compagnie du Sénégal, des primes pour chaque tête d’esclave introduite en Martinique.

le 28 Mai 1664
Jean-Baptiste Colbert fonda la Compagnie des Indes occidentales, qui comprenait les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique et la partie occidentale de Saint-Domingue, afin de stimuler le commerce.Il créa également quatre autres compagnies, celle des Indes orientales, celle du Nord, celle du Levant et celle du Sénégal.L’île de Gorée, au large de Dakar (Sénégal), devint l’un des lieux de concentration de la traite française.

1674
La Compagnie des Indes occidentales est dissoute, l’île est désormais directement attachée au pouvoir royal et devient colonie du royaume.Le Roi met en place un gouvernement militaire unique pour les colonies de la Caraïbe, qui réside en Martinique.
Louis XIV rend la traite libre sur tout le territoire africain.

1676
Louis XIV participe personnellement au trafic d’esclave par le biais d’un traité passé avec Jean Oudiette.

1682
Colbert nomme une commission pour faire des propositions sur le statut des esclaves et le vide juridique dans lequel ils évoluent. Cette commission fut mise en place suite aux problèmes de rébellions d’esclaves, rencontrés dans les colonies.

Mars 1685
Le Code Noir, est promulgué à Versailles, par Louis XIV.Colbert, ministre des Finances, à l’initiative du projet décéda entre-temps sans avoir vu aboutir les travaux de sa commission.Charles de Courbon, comte de Blénac et Jean-Baptiste Patoulet firent parti des rédacteurs de la commission. Ils s’inspirèrent des pratiques esclavagistes des Espagnols en terre d’Amérique.Le Code se compose de soixante articles qui gèrent la vie, la mort, l’achat, la vente, l’affranchissement et la religion des esclaves.Il donne un statut spécial et légal au système sur lequel repose l’économie de la colonie.Les esclaves sont définis comme des biens mobiliers, certains sévices sont interdits tandis que d’autres sont institutionnalisés.Sur le plan des institutions locales, l’administration des colonies est marquée par la suprématie de l’autorité militaire, qui, en raison de l’éloignement de la France, concentre en son sein l’ensemble des pouvoirs.

le 3 Juin 1712
Une ordonnance renouvela les prescriptions sur la nourriture et l’entretien des esclaves et porta :

« interdiction aux maîtres d’appliquer la torture ».

Janvier 1716
Le Gouvernement autorise le commerce négrier aux armateurs de Saint-Malo, Bordeaux, Rouen et la Rochelle. Le commerce triangulaire se met en place.Le rythme des voyages fut de 55 à 69 par ans au début.

1724
Sous le règne de Louis XV, le Code Noir fait l’objet d’une révision spéciale pour la Louisiane. Ce nouveau Code Noir rend difficile l’affranchissement d’un esclave.

1737
Les esclaves affamés et souffrant se révoltent. La répression fut brusque et sans pitié, les meneurs furent pendus.

1754
En cette année, on compte 10538 blancs et gens libres, contre 45653 esclaves, soit 56191 habitants.

1774
Le Roi du Dahomey (actuel Bénin, appelé également « Côte d’esclaves) protesta de la qualité médiocre des armes que l’on lui échangeait contre des esclaves.

le 9 Août 1777
Une déclaration du Roi renouvelle l’interdiction d’amener dans le royaume aucun esclaves noirs, mulâtres, ou autres gens de couleurs, de l’un ou l’autre sexe, sous peine de 3000 livres d’amende, et de renvoyer aux colonies les noirs et mulâtres qui se trouvent dans le royaume.

le 9 Février 1779
Un règlement fit interdiction expresse aux gens de couleur libres de s’habiller comme des blancs.

le 6 Novembre 1782
Une ordonnance du Roi vint interdire, aux curés et officiers public de qualifier aucunes personnes de couleur libres du titre de « sieur et de dame ».

1785
Cette année, fut l’année du triste record de 100 voyages négrier.

le 19 Février 1788
A Paris, est créé la Société des Amis des Noirs.Dont font partis les marquis de Mirabeau, de Lafayette et de Condorcet, l’Abbé Gégoire, Étienne-Charles de Loménie de Brienne, le duc Dominique de La Rochefoucauld, Olympe de Gouges, Louis Monneron, Léger-Félicité Sonthonax et Jérôme Pétion de Villeneuve.Elle fut dirigée par Jacques Pierre Brissot et présidée par Étienne Clavière.

1789
La Révolution Française fut accueillie avec le même enthousiasme qu’en France. Chose étrange à cette époque, les plus ardents révolutionnaires furent les planteurs. Ils pensaient obtenir le pouvoir de se gouverner, comme les colons anglo-américains.En cette année historique, la Guadeloupe comptait 13712 blancs et affranchis et 89523 esclaves, soit 106593 habitants.

le 26 Aout 1789
Proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen

« Tous les hommes naissent libres et égaux en droits. »

A cette époque, les Antilles portaient 700000 esclaves, dont la Déclaration remettait en cause le fait de leur captivité et de leur servilité.

le 22 Octobre 1789
La Société des Amis des Noirs présente les doléances des gens de couleur de Saint-Domingue. L’esclavagiste Gouy d’Arsy sollicita louis XVI afin qu’il interdise les séances de la Société des Amis des Noirs, ce dernier lui donna en réponse un fin de non recevoir, en ces termes :

« Ces pauvres noirs ont-ils des amis en France ? Tant mieux, je ne veux pas interrompre leurs travaux. »

1791
Les quatre commissaires arrivaient en Martinique, le 12 Mars 1791, sont vus par le Gouverneur de Clugny; qui parvint à obtenir leur confiance.Son retour en Guadeloupe, est marqué par des excès de l’oligarchie locale et par la troupe. Quelques embryons de soulèvements d’esclaves, en Grande-Terre et à Marie-Galante, furent étouffés violemment, avant même d’avoir manifesté quelconque exactions.

le 11 Mai 1791
lors de la séance de l’Assemblée Constituante, le député abolitionniste Viefville des Essarts aborda de front le sujet de l’esclavage.

15 Mai 1791
L’Assemblée Constituante décréta que les gens de couleurs, nés de pères et de mères libres, et ayant les qualités requises, jouiraient des droits des citoyens actifs et seraient admis comme les blancs, dans les assemblées paroissiales et coloniales.

le 24 Septembre 1791
L’Assemblée Constituante décida que la mise en application du décret du 15 Mai et le droit de régler la condition des gens de couleur était dévolu aux Assemblées Coloniales. Cette décision offensa gravement Condorcet, membre de la société des Amis des Noirs.

le 24 Mars 1792
L’Assemblée Législative émit un décret stipulant que l’on procéda sur le champ à la réélection des Assemblées Coloniale et des Municipalités. Quatre commissaires furent nommés pour les Îles du Vent, avec le pouvoir de ramener l’ordre et la paix par tous les moyens.

le 28 Mars 1792
Sur le rapport de Gensonné, l’Assemblée législative établit les droits politiques des Libres et décide que les colonies auront des députés, élus par leur assemblée coloniale (loi du 4 avril 1792). Cette décision renforce les dispositions prisent en mai 1791, amenant ainsi les blancs et les gens de couleurs libres à l’égalité politique.
Assemblée Nationale

le 11 Août 1792
L’Assemblée Législative supprime la prime d’encouragement à la traite, accordée par le Roi Louis XVI, en 1784.

le 1er Décembre 1792
Le capitaine Lacrosse chargé d’apporter aux Îles du vent, les changements venus de France, ne peut débarquer en Martinique. Il se dérouta alors, sur l’île de la Dominique. Où, il y trouva de nombreux patriotes exilés par le Gouverneur d’Arrot et l’Assemblée Générale Coloniale.

le 4 Février 1794
le 16 Pluviôse an II, à l’initiative des dantonistes, l’abolition de l’esclavage est votée par la Convention.

le 21 Avril 1794
Le Gouverneur Collot, capitule face au Général anglais Dunbas, qui s’empare de l’île. Cette invasion fut à l’instigation des planteurs ne pouvant concevoir l’abolition de l’esclavage et par ce fait, la perte de leurs privilèges.Pour preuve de sa cruauté, Dunbas, à son débarquement sur les plages de Gosier, fondit sur le fort Fleur-d’Epée, occupé en majeur partie par des noirs et gens de couleur. Tous furent passés par les armes.Les émigrés aristocrates rentrés en même temps que les anglais, usent des toutes les représailles contre les républicains et leurs ennemis.

le 2 Juin 1794
Soulèvement populaire contre l’occupant soutenu par les troupes venus de France avec les Commissaire de la Convention, Victor Hugues et Chrétien, et les généraux Cartier et Aubert. Les commissaires proclament l’abolition de l’esclavage et, introduisent la guillotine.

Fin 1794
La rénumération des anciens esclaves n’ayant pas été résolue, des troubles agitèrent le pays mais furent sévèrement réprimés.

fin de l’année 1799
Le gouverneur Desfourneaux est tombé en disgrâce, par l’instigation de son ami Pélardy.
Pélardy mis en vigueur les lois des 25 Octobre 1797 et du 1er Janvier 1798. Ces lois reconnaissaient comme citoyen français les noirs et hommes de couleur……… exerçant un métier, une profession. Était puni pour vagabondage et privé de ses droits de citoyen celui qui ne pouvait justifier de ses moyens d’existence…….. .Seul les gens sachant lire et écrire jouissait de leurs droits civiques.

le 9 Novembre 1799
Coup d’État du 18 brumaire an VIII, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir.

le 13 Décembre 1799
Les colonies ne sont plus représentées au Corps législatif.

Art. 31 : « Le Corps législatif est composé de 300 membres (…) ; il doit toujours s’y trouver un citoyen au moins de chaque département de la République « .
Art. 91 : « Le régime des colonies françaises est déterminé par des lois spéciales ».

le 29 Mai 1801Lacrosse débarqua en Guadeloupe. Avec lui, la population noire vit ses droits et libertés de plus en plus réduits. Son attitude et ses agissements furent en opposition avec les valeurs républicaines dont il était animé en 1793.

le 25 Juin 1801
Lacrosse fait afficher sur les portes des municipalités, une proclamation, autorisant les émigrés (anciens royalistes) à rentrer sans conditions et leurs promettant d’être réintégrés sur leurs propriétés.

le 5 Août 1801
Le Général de Béthencourt mourut ce jour provoquant un enchainement d’événements qui vînt contribuer au soulèvement de la population de couleur, dont l’ewaspération était à son comble.Dans l’ordre hiérarchique, le commandement aurait dû être attribué au Général de brigade Pélage, mais Lacrosse réunit le commandement de l’armée à son autorité. A cette annonce, la troupe et la population commencèrent un soulèvement. Lacrosse partit de Pointe-à-Pitre pour Basse-Terre; mais avant de partir, il chargea son chef d’état-major et le commissaire général de police de procéder à l’arrestation des principaux chef de couleur parmi lesquels le Général de brigade Magloire Pélage, le Capitaine Gédéon et le Capitaine Ignace. Pélage pû s’échapper de justesse face au chef d’Etat-major venu l’arrêter. Il se réfugia au fort de la Victoire, où se trouvait le Capitaine Ignace. Ignace à la tête d’une compagnie de chasseurs de ligne anéanti la garde nationale blanche. Pélage et Gédéon, réussirent à contenir la hargne de la troupe.Le chef-d’Etat-major, le commissaire général de police et le commissaire du gouvernement furent arrêtés et détenus par Pélage, au fort de la Victoire. A son arrivée à Basse-Terre, Lacrosse mit la ville en état de siège, cassa la Municipalité et ordonna l’arrestation de tous les hommes de couleur qui lui parurent suspect.

le 21 Octobre 1801
Sur de fausse informations, Lacrosse déclare Pélage, hors la loi et, il se mit en marche vers Pointe-à-Pitre à la tête de la garnisons de Basse-Terre et de la garde nationale avec le soutient de pièces d’artilleries.A Pointe-à-Pitre, le Général Pélage fit élire quatre commissaires civils provisoires, Messieurs Frasans, Danois, Delert et Pénicaut. Ils dépêchèrent auprès de Lacrosse, deux négociants, Messieurs Courtois et Mey, qui le rencontrèrent à Capesterre. Lacrosse nia avoir été le commanditaire des arrestations arbitraires des principaux chefs de couleur et invita Pélage à le rejoindre à Petit-Bourg.

le 23 Octobre 1801
De retour à Pointe-à-Pitre, les négociateurs trouvèrent la ville, tout aussi agitée que lors de leur départ. Cette effervescence était entretenue par l’arrivée massive de fuyards de la Basse-Terre, dénonçant les mesures hostiles de Lacrosse.Le Général Pélage dû prendre des mesures de précautions contre un attaque de la ville.Lacrosse par ses actes insensés, vit ses amis et soldats déserter et rejoindre Point-à-Pitre.Sur proposition des officiers de couleur Ignace, Massoteau, Noël-Corbet, Gédéon, Palème, Prud’homme et Codou, Pélage fut nommé Commandant militaire de la Guadeloupe. Cette proposition vînt en garantie des idées de vengeance de Lacrosse, dont on ne pensait pas encore se passer.

le 24 Octobre 1801
Après d’âpres pourparlers, Lacrosse se décida à rentrer à Pointe-à-Pitre. Il fut accueilli dans la joie par la population, qui croyait la paix revenue.N’écoutant que son ressentiment, Lacrosse reçut avec mépris Pélage et les commissaires. Il leur adressa à tous les reproches les plus violents. Il exigea la démission de Pélage et de ses officiers, ainsi que le dépôt des armes de la troupe.Ses paroles irritèrent tout le monde. Le lieutenant Codou à la tête des chasseurs noirs, pénétra dans la Commune où se tenait Lacrosse, baïonnette au canon prêts à tuer le Capitaine-général. Pélage et Gédéon firent barrage afin de préserver Lacrosse. Les commissaire civils prononcèrent sa déchéance. Il fut conduit par Ignace et un escorte, au fort de la Victoire pour y être écroué.

le 5 Novembre 1801
Lacrosse est embarqué à bord d’un bâtiment Danois.Il déclara dans un élan de joie; car il craignait que l’on attentat à sa vie, que Pélage était son libérateur. Il se réfugia à la Dominique pour y préparer sa vengeance, rejoint par le Préfet Lescallier et le commissaire de justice Coster. Après le départ du Capitaine-général, les commissaires civils demandèrent à Pélage de garder le commandement. Il composa un nouveau Conseil qui prit le nom de Conseil Provisoire.

le 18 Novembre 1801
Bonaparte remis des instruction au Général Leclerc, lui ordonnant de désarmer les troupes noires et d’arrêter leurs chefs afin d’imposer sa volonté.

le 13 Février 1802
Le Général Sériziat envoyé de France pour remplacer le général de Béthencourt (mort en 1801), rejoint à la Dominique et y rencontre Lacrosse. Ensemble, ils s’emparent de Marie-Galante sans combattre. Sériziat fit embarquer à bord de ses frégates, la compagnie noire composant la garnison de Marie-Galante, commandé par Lapoterie.

le 18 Février 1802
En France, la loi interdit les mariages mixtes.

le 1er Avril 1802
L’escadre du Général Richepance appareille de Brest, pour reconquérir la Guadeloupe. Avec à son bord, les Généraux Dumoutier et Gobert et les chefs de bataillons Merlen, Cambriels, Brunet, Pillet et Gremier.Les correspondances du Préfet Lescallier et du commissaire de justice Coster avec les blancs créoles, créèrent une scission entre les blancs et les noirs. On ne parlait plus de droit public mais de caste et de suprématie.

le 6 Mai 1802
Le Général Richepance et son escadre sont rejoins par le Général Sériziat et le Capitaine-général Lacrosse. Ils débarquèrent à Pointe-à-Pitre, dans une ville enclin de joie à leur venue.Alors que Pélage préparait avec membre du Gouvernement provisoire, l’acueil de ces « frères ». Richepance ordonna le branle-bas de combat à ses soldats.Une délégation du Conseil Provisoire mené par le commandant Prud’homme vint saluer Richepance, qui les fit arrêter et les garda en otage.Les premiers à toucher terre, furent les hommes de troupes qui se réunirent sur la place de la victoire.Le premier officier de haut rang à débarquer fut le Général Gobert. Il fit renvoyer les quarante hommes d’escortes venus accompagner le Conseil Provisoire. Pélage et ses hommes firent l’objet de mépris, d’humiliations et de dégoût, de la part de ces « frères ». Le second officier à débarquer fut le Général Sériziat, qui avait reçut pour ordre d’arrêter Pélage. Il préféra le garder à vue, à ses côté pour le moment. Pélage emplit de joie, de voir cet officier lui montrer autant de considération, lui fit faire le tour de la ville et de ses défenses.Pendant ce temps, les officiers et hommes de troupes de Richepance relevèrent tous les gardes noirs. La victoire était facile.Le Capitaine Rougier ayant reçut l’ordre de Général en chef, d’occuper le fort de la Victoire par la force, fit avancer sa troupe au pas de charge. Le chef de bataillon Ignace, en poste au fort, repoussa Rougier hors du fort et se retira avec ses hommes, par une porte opposée et parti rejoindre Delgrès à Basse-Terre. Ce qui eu lieu au fort de la Victoire, décida Richepance à se servir de Pélage, pour obtenir obéissance des troupes noires.Cette obéissance, lui permit de désarmer la moitié de troupes noires et de les embarquer à fond de cale. La Grande-Terre était perdue.Richepance laissa les Généraux Sériziat et Dumoutier pour garder le passage de Rivière-Salée et maintenir l’ordre. Il se dirigea vers la Basse-Terre, à la tête de 930 hommes, avec les Généraux Gobert et Pélage ainsi que le chef de bataillon Merlen.

le 7 Mai 1802
Le chef de bataillon Louis Delgrès reçut les première nouvelles alarmantes du Capitaine Noël-Corbet; qui lui raconta les humiliations subis par les régiments noirs à Pointe-à-Pitre.

le 8 Mai 1802
Dans la soirée, Ignace, Palème, Jacquiet, Dauphin, Codou et la troupe noire du fort, ainsi que des paysans recrutés dans les communes de la Basse-Terre, arrivèrent auprès de Delgrès.Une réunion de tous les officiers de couleur eut lieu, il écrivirent une proclamation contre la venue de Richepance et de ses intentions.

le 9 Mai 1802
Au petit matin dans le champ d’Arbaud, Le colonel Delgrès passa en revue toutes les troupes et leur adressa :

« Mes amis, on en veut à notre liberté, sachons la défendre en gens de cœur et préférons la mort à l’esclavage. La résistance à l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause : elle est celle de la justice et de l’humanité. ».

Aux blancs de Basse-Terre, ils leur demanda de déposer leurs armes et de se retirer ou de combattre s’ils le veulent à ses côtés.Delgrès fit publier la déclaration, une heure avant que l’escadre de Richepance ne soit en vue. Elle embrasa la population de couleur, tous les hommes jurèrent de défendre et de triompher des soldats de Richepance.

« Vivre libre ou mourir » était leur cri de ralliement.

le 10 Mai 1802
Au matin, Louis Delgrès quitte son domicile, du 48 Grande-Rue du Fort, pour se rendre au fort Saint-Charles.Il fit publier sa proclamation :

« A l’univers tout entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir »;

A midi, l’escadre de Richepance fut reçut par une décharge des batteries depuis la pointe de Vieux-Fort jusqu’à la batterie des Capucins.Sous la conduite de Gobert et de Pélage, les troupes débarquèrent près du Baillif.Les troupes de Delgrès se battirent avec acharnement faisant dans les rangs adverses de lourdes pertes comme le chef de bataillon Brunet.

le 11 Mai 1802
Richepance attaqua le pont de la rivière de Pères tandis que Pélage et Gobert forçaient le passage de l’embouchure de la rivière.A la fin de la journée, les troupes de Richepance occupaient une partie de la ville, tandis que Gobert et Pélage avaient pris position sur les habitations Bellevue et Belost.

le 12 Mai 1802
Au matin, Le colonel Delgrès donna des ordres pour attaquer simultanément Richepance dans les deux positions.Cette bataille fut une des plus terribles.Noël-Corbet, Doria et Sans-Peur furent chargés de de contenir Richepance sur ses positions, tandis que Delgrès et Ignace attaquèrent Gobert et Pélage, à Bellevue et Belost. Ignace retrouva face à lui, le Capitaine Rougierqui fut tué lors de la bataille.Cette bataille fut le théâtre de l’arrivée de femmes dans la bataille, elles galvanisaient les troupes et montraient autant de courages qu’eux.Sériziat fut appelé en toute hâte par Richepance.

le 20 Mai 1802
Napoléon Bonaparte qui dirige la France et l’Empire colonial, rétablit l’esclavage et la traite des noirs conformément aux lois de 1789.

le 23 Mai 1802
Au matin à Basse-Terre, l’annonce de l’évacuation du fort Saint-Charles provoqua un grand contentement dans les rang de Richepance.Dans la soirée, le chef de Bataillon Ignace, campa aux portes de Petit-Bourg. Il a couvert la distance depuis Basse-Terre, sabre au clair tout en rassemblant des hommes à la cause.Pélage et Gobert se lancèrent à la poursuite des insurgés.Ils attaquèrent le poste de Dolé, tenu par Palème et une centaine d’hommes.Ils résistèrent jusqu’au dernier moment, puis se retirèrent dans les mornes de Vieux-Fort.

le 24 Mai 1802
Au matin, Ignace entre dans Petit-Bourg. il réquisitionna quelques embarcations de la commune et, les fit tirer jusqu’à la Rivière-Salée.Ils ne purent franchir le détroit que dans la soirée pour se diriger vers Pointe-à-Pitre.Pélage arrivé à Petit-Bourg dans la soirée avec Gobert, se jeta dans un canot pour mettre en place les défense de Pointe-à-Pitre.Ignace établit sur l’habitation Belle-Plaine, à quelques kilomètres de la capitale commerciale; fut averti de l’arrivée d’une colonne mené par Pélage. Il du se rabattre dans le fortin désarmé de Baimbridge.A Basse-Terre, la journée fut marquée par des actes de violences contre les gens de couleur.

le 25 Mai 1802
Au matin, Pélage mena l’assaut contre Ignace. Les insurgés les tinrent en respect jusqu’à l’arrivée de Gobert et de son artillerie.A six heures du soir, Pélage et Gobert menèrent l’assaut; ils entrèrent par la porte de la Redoute. On compta 675 morts dont Ignace. Ils firent 250 prisonniers, hommes, femmes et blessés confondus.

les 26 Mai 1802
Cent prisonniers furent fusillés place de la Victoire, à Pointe-à-Pitre.

le 27 Mai 1802
Cent cinquante prisonnier furent fusillés au lieu dit « Fouillote ».

le 2 Juillet 1802
Un arrêté renouvelle la déclaration royale de 1777, interdisant le territoire continental aux individus de couleur et l’aggravant par la peine de la déportation.

le 16 Juillet 1802
La loi du 4 février 1794 qui avait abolit l’esclavage est abrogée par l’arrêté consulaire émis ce jour.
Extrait de l’arrêté :

« La colonie de la Guadeloupe et dépendances sera régie à l’instar de la Martinique, de Sainte-Lucie, de Tobago et des colonies orientales, par les mêmes lois qui y étaient en vigueur en 1789 ».

La population esclave, à cette date s’élevait à 102989 personnes.

le 5 Août 1802
Lacrosse accueilli en grande cérémonie par les chefs militaires, fut réintégré dans ses anciennes fonctions.

le 29 Novembre 1802
Au lendemain de son accouchement, la Négresse Solitude fut pendue.

le 19 Février 1803
Un arrêté met en vigueur dans les îles, le Code de la Louisiane.Un article de ce code interdit le mariage entre blanc et noir.

le 2 Juillet 1803
Le Gouverneur Ernouf par ordre de l’Empire, ferma toutes les dettes anciennes des colons; qui en reprenant leurs biens, avaient également repris leurs dettes.

1804
Le Gouverneur Ernouf permit à certains noirs et mulâtres libres d’armer des embarcations pour la course.
la Course

le 22 Aout 1807
Un arrêté Préfectoral condamne à 1620 francs, toute personne donnant asile à un esclave « Marron ».

1808
En cette année, la population esclave s’élevait à 122895 personnes.

1814
Lors du congrès de Vienne, le Pape Pie VII interdisa aux ecclésiastiques et laïcs de soutenir sous aucuns prétexte le commerce négrier. Lançant ainsi une nouvelle orientation anti-esclavagiste de l’Église.

le 8 Février 1815
Lord Castlereagh, au nom de l’Angleterre, fit signer aux représentants français, ainsi qu’à d’autres représentants de divers pays, réunis au congrès de Vienne, l’abolition de la traite des esclaves, comme « contraire aux principes d’humanité et de morale universelle ».

le 29 Mars 1815
Napoléon décrète l’abolition de la traite négrière, en application du traité de Paris.

le 18 Mars 1819
Une Ordonnance royale interdit aux noirs de porter des chaussures.

le 25 Avril 1827
Une prescription est faite aux tribunaux, d’agir sévèrement contre ceux qui se livrent à la traite.

le 2 Novembre 1830
L’affranchissement moral de la classe des gens de couleur libres est promulgué; abolissant les règlements qui leurs ôtaient les droits de citoyen, en les assimilant pleinement à la classe blanche.

le 8 Mars 1832
Une loi déclara libres, les noirs qui seraient trouvés à bord de navires négriers.

le 12 Juillet 1832
La Loi simplifia les formalités pour l’affranchissement des esclaves.

le 24 Avril 1833
Publication de la charte coloniale, à l’instigation de Victor Schoelcher et des anti-esclavagistes.

le 30 Avril 1833
Par ordonnance royale, la France abolie les peines de la mutilation et de marquage des esclaves.

le 29 Avril 1836
Une ordonnance stipule qu’un habitant des colonies amenant en France, avec lui un esclave de l’un ou l’autre sexe, celui-ci serait affranchi selon l’ordonnance du 12 Juillet 1832. La même ordonnance indiquait les noms et prénoms à donner à ces esclaves libérés.

le 9 Février 1838
Le député De Passy proposa à la chambre des députés, une loi relative à l’affranchissement des esclaves qui naîtrons à l’avenir dans les colonies françaises. Elle fut rejeté sous le prétexte de jeter dans la société, des gens n’ayant connu la liberté que par le désœuvrement où ils auront vécus. les conduisant ainsi à la délinquance pour survivre.

le 11 Juin 1839
Une ordonnance royale impose le recensement de tous les esclaves des colonies.

Décembre 1839
Le Pape Grégoire XVI dans le « In Supremo Apostolatus Fastigio » condamna fermement et clairement la traite négrière, la qualifiant d’inhumaine.

1840
Le patronage des esclaves fut institué. Une autorité judiciaire était chargée de vérifier qu’aucun sévices ne soit infligé aux esclaves.Victor Schoelcher constata des limites au patronage. Puisque malgré les visites obligatoires des officiers judiciaires, les esclaves étaient toujours illégalement et atrocement traités, sans que ceux-ci n’interviennent.

le 14 Mai 1844
Le gouvernement présenta à la chambre des pairs, un projet de loi amendant celle du 23 Avril 1833, et attribuant aux tribunaux les manquements aux soins, à l’entretien et, la consommation de violence et de cruauté envers les esclaves.La chambre des pairs y ajouta le rachat forcé, le droit à l’instruction et au culte, la durée de travail, l’observation du repos Dominical et le droit à la propriété mobilière.

le 18 Juillet 1845
Le projet de loi du 14 Mai 1844 est adopté.

les 18 et 19 Juillet 1845
Les lois dites lois Mackau sont votées.Elles modifient, à priori, en profondeur le régime des esclaves.Mais l’article 5 de la loi, prescrit aux affranchis l’obligation de contracter un engagement de travail.Victor Schoelcher dénonce rapidement leur contournement.

le 31 Octobre 1845
Le Gouverneur Layrle prit ses fonctions.Le recensement de cette année, portait la population à 129109 habitants, dont 41357 gens libres et 87752 esclaves.

le 4 Mars 1848
Le gouvernement provisoire nomme une commission pour l’émancipation et déclare :

« que nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves »

Fin Mars 1848
L’annonce de l’émancipation a filée telle une trainé de poudre. A tel point qu’en cette fin de mois de Mars, la plus part des esclaves Antillais connaissaient déjà la nouvelle.

le 5 Avril 1848
Le Directeur de l’intérieur, Husson, s’adressa aux esclaves leur rappelant que le décret n’était pas encore signé et qu’il fallait encore patienter.

le 27 Avril 1848
Sur proposition de Victor Schoelcher, le décret d’abolition définitive de l’esclavage est signé et appliqué.

le 20 Mai 1848
Dans un contexte tendu, dans le Nord à Saint-Pierre, l’esclave Romain est arrêté pour avoir battu le tambour à la nuit tombée. Provoquant ainsi, le soulèvement des esclaves et des libres de couleur; pillages, incendies et assassinats furent commis.

le 22 Mai 1848
Les anciens esclaves manifestent à Saint-Pierre demandant la libération immédiate de Romain. Ce qui leur fut accordé.Mais dans la soirée, au Prêcheur, le maire Monsieur Huc, fit tirer sur la foule qui revenait de Saint-Pierre. L’insurrection redoubla de violence et le soulèvement populaire se généralisa dans les Antilles.

le 27 Mai 1848
Le gouvernemeur Layrle promulgue l’abolition de l’esclavage sur l’île, sans attendre l’arrivée tardive du texte.

le 5 Juin 1848
Le commissaire général, Adolphe Ambroise Gatine, membre de la commission du 4 Mars 1848, arrive en Guadeloupe. Il remplace le Gouverneur.Il fit immédiatement afficher la proclamation du 27 Avril et, vérifia lui-même les effets de l’émancipation.L’article 1er, du décret fut modifié pour les Antilles, en instituant immédiatement l’abolition de l’esclavage, sans tenir compte du délai de 2 mois, initialement prévu pour l’application.

le 8 Novembre 1848
Le nouveau Gouverneur pris un arrêté sur le recensement. Toutes personnes qui ne serait pas employée à une exploitation agricole ou industrielle; serait tenue de faire une déclaration annuelle, les quinze premier jours de Janvier, en mentionnant son état civil et ses activités; sous peine d’une amende.

le 14 Décembre 1848
La constitution du 2 Novembre 1948 est promulguée.L’art. 109 de cette nouvelle constitution, maintenait les colonies sous le régime des lois particulières.

le 13 Février 1852
Un décret rend le travail obligatoire. Cette législation coercitive tend à supprimer la liberté économique qui pouvait encore constituer un des inconvénients au salariat pour les employeurs.

1853
Début de l’immigration indienne.

le 24 Décembre 1854
Arrivée du premier convoi de 344 travailleurs Tamouls (Inde), engagés pour travailler dans les champs de canne à sucre, à bord de l’Aurélie commandé par le capitaine Blanc.

1857
Début de l’immigration des Africains.

le 1er Septembre 1857
Arrivée de 71 engagés africains en Guadeloupe, par la Compagnie Générale Maritime, après 35 jours de traversée.

le 2 Décembre 1857
L’arrêté Husson est promulgué. Ce texte réglemente dans les moindre détails la stricte application du système de surveillance de la population, par l’obligation de contracter un engagement de travail.

1859
Début de l’immigration Chinoise aux Antilles.

1859
Immigration chinoise à la Martinique ne draina qu’un millier d’immigrants, en deux convois.

1859
Napoléon décida l’arrêt des recrutements d’africains, sur la côte atlantique de l’Afrique.
Extrait de la Lettre de Napoléon III à son cousin responsable des colonies, lui enjoignant de cesser définitivement tout engagement de travailleurs sur les côtes d’Afrique, et de se tourner pour ses besoins en bras, vers celles des Indes.

Saint-Cloud, le 30 octobre 1858.

« Mon cher cousin, je désire vivement qu’au moment même ou le différend avec le Portugal, à propos du Charles-Georges*, vient de se terminer, la question de l’engagement des travailleurs libres pris sur la côte d’Afrique soit définitivement examinée et résolue d’après les véritables principes du droit et de l’humanité. J’ai réclamé énergiquement auprès du Portugal la restitution du Charles-Georges, parce que je maintiendrai toujours intacte l’indépendance du drapeau national ; et il m’a fallu, dans cette circonstance, la conviction profonde de son bon droit pour risquer de rompre avec le roi du Portugal les relations amicales que je me plais à entretenir avec lui.Mais quant au principe de l’engagement des noirs, mes idées sont loin d’être fixées. Si, en effet, des travailleurs recrutés sur la côte d’Afrique, n’ont pas de libre arbitre, et si cet enrôlement n’est autre chose qu’une traite déguisée, je n’en veux à aucun prix. Car ce n’est pas moi qui protégerai nulle part des entreprises contraires au progrès, à l’humanité et à la civilisation.Je vous prie donc de rechercher la vérité avec le zèle et l’intelligence que vous apportez à toutes les affaires dont vous vous occupez ; et, comme la meilleure manière de mettre un terme à des causes continuelles de conflit serait de substituer le travail libre des coolies de l’Inde à celui des nègres, je vous invite à vous entendre avec le ministre des affaires étrangères pour reprendre, avec le gouvernement anglais, les négociations qui avaient été entamées il y a quelques mois.Sur ce, mon cher cousin, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. »

Napoléon III

*Le Charles-Georges était un navire négrier français intercepté en 1858 par la marine anglaise et conduit dans le port de Lisbonne. L’affaire fait scandale.

1860
7334 nouveaux travailleurs sont arrivés en Guadeloupe parmi eux, 4155 Indiens, 2995 Africains et 184 Chinois.

le 1er Octobre 1870
Le Gouverneur Couturier publia une proclamation annonçant le retour de la République; en même temps, il avisa la population du rétablissement du suffrage universel et promulgua le décret du 8 Septembre 1870. La Guadeloupe devait élire deux députés.

1876
Les premiers immigrés libanais et syriens émigrant volontaires vers l’Amérique, arrivent entres autres aux Antilles.Ils investissent un créneau laissé libre de l’économie, le commerce de vêtements et de tissus.

1884
L’immigration indienne est arrêté par le Conseil Général de la Martinique. Depuis 1852 était estimé à 25 500 personnes. 4 551 indiens, au terme de leur contrat d’engagement, avaient demandé à être rapatriées.

Février 1904
Le Gouverneur de la Guadeloupe demande la radiation des listes électorales guadeloupéennes, des immigrants indiens considérés comme sujets britanniques.

1923
Les immigrés indiens se voient accorder la nationalité française.

1992
Le Pape Jean-Paul II en visite sur l’île de Gorée, déclara que les noirs africains ont été victimes d’un honteux commerce auquel ont pris part des baptisés mais qui n’ont pas vécus leur foi.

le 10 Mai 1998
Reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’Humanité.

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