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Terminologie chronologique

Pour les périodes précolombiennes afin d’être le plus précis, l’utilisation de la terminologie établie par Irving Rousedans les années 1950, doit être employée. La charte chronoculturelle de la Terminologie d’Irving Rouse, reste une référence même si elle est sujette à quelques réajustement au fil des découvertes archéologiques et des recherches.

Plusieurs grandes périodes correspondent à des évolutions technologiques et socio-économiques significatives.

  • Le Paléo-Indien ou âge lithique, marqué par l’utilisation d’outils en pierre taillées et une économie de chasse etcueillette.
  • Le Méso-Indien ou âge archaïque, on voit à cette période l’ajout du polissage de la pierre et du coquillage.
  • Le Néo-Indien ou âge de la céramique, empreint par l’introduction de la poterie et de l’horticulture.
  • L’âge Historique avec l’arrivée des européens.

A l’intérieur de ces phases, Irving Rouse a établit des classifications fondées sur le mobilier céramique.
On dénomme ces classifications par référence à des sites éponymes, auxquel on adjoint le suffixe « -oïde »; puis ces grands enssembles sont subdivisés à partir d’autres sites éponymes, recevant le suffixe « -an ».

  • Style Cedrosan Saladoïde : caractéristiques : Décor peints et incisés, formes de vases variées et complexes avec des adornos (figurines modelées sur les bords).
  • L’expansion de la culture cedrosan saladoïde des côtes vénézuéliennes à Porto-Rico, semble liée à une société structurée et développée, ayant emprise sur les îles orientales de la caraïbe durant plusieurs siècles. Tout au long de son développement, ses liens avec le continent sud-américain sont restés forts puisque les représentations iconographiques s’inspirent d’animaux qui n’existent pas dans les îles. Une institution sociopollitique et idéologique pourrait expliquer l’homogénéité de la culture saladoïde dans l’espace et le temps.
  • Style Huecan Saladoïde : caractéristiques : Variété de formes limitée avec des motifs décoratifs curvilinaires, remplis de pointillés ou d’incisions croisées et des adornos zoomorphes.
  • Style Chican Ostionoïde : caractéristiques : Art remarquable de la pierre, du coquillage, du bois et de la céramique. Trigonolithes sculptés et décorés, visages humains sculptés sur un coquillage….

L’avènement d’un pôle culturel et politique majeur dans les grandes Antilles a marqué une période cruciale pour les petites Antilles. Les groupes contemporains de cette période de mutation apparaissent comme de grands pêcheurs, parfaitement adaptés à leur environnement maritime, tel en atteste le site de l’Anse à la Gourde en Grande-Terre. La fabrication d’outils et de parures en coquillage ou en corail révèle leur grande maîtrise artisanale, et les matière première lithiques utilisées témoignent de larges réseaux d’échanges. D’importantes maisons collectives, lieux de rites funéraires complexes sont autant d’indices de relations sociales et de pratiques religieuses élaborées.

On utilise le terme « Callinagos » pour désigner la période Historique; terme utilisé au XVIIème siècle, par les Amérindiens des Petites Antilles pour se désigner.
Il étaient belliqueux et anthropophages mais également de bons marins et horticulteurs.
Ils pratiquaient une culture sédentaire du manioc amer. Ce manioc est très souvent cité dans les mythes et légendes amérindiennes.
Les racines de manioc se conservent dans la terre, celle-ci faisant office de garde manger. Ces racines sont récoltées au fur et à mesure des besoins. Ce système de garde manger a pour conséquence une absence d’accumulation de la production de la part des individus ou d’un groupe social car sans effet sur le groupe social. L’outillage ne se transforme pas car il n’y a aucun intérêt à augmenter la production. La culture sur abattis-brûlis et l’épuisement assez rapide des sols conditionne un habitat fait de constructions légères et facilement renouvelables au gré des déplacements.
Similaire à leurs voisins, la société Callinagos fonctionnait autour de rituels élaborés et de règles d’ascension sociale complexes, où la pratique guerrière jouait un rôle important. Ils étaient capable de former des coalitions puissantes et de mener des raids jusqu’à Porto-Rico ou sur le continent.
La cohésion apparente entre ces groupes insulaires des petites Antilles laissait apparaître une « nation », liée par des réseaux d’alliances, matrimoniales et politiques.
Les chefs de guerre ne disposent du pouvoir que pendant les expéditions ; ils rentrent dans le rang dès que celles-ci sont terminées.
Le mythe religieux général est celui d’un combat cosmique qui oppose génies protecteurs (héros, civilisateurs) et les mauvais génies (démons) ; ce combat s’achève par un anéantissement général de l’univers suivi d’une renaissance. Le principe qui domine est celui de la lutte quotidienne de l’ancêtre fondateur et de ses intercesseurs considérés comme bénéfiques contre les mauvais esprits capables de se métamorphoser en animal épouvantable, de tourmenter leurs victimes en songe ou en prenant place dans le corps où l’âme de leur victime. Pour se concilier les forces de la nature, ils s’imposent des sacrifices, font des offrandes et des libations à leurs ancêtres ou recourent au service d’un grand-prêtre (homme médecine). Ces forces sont omniprésentes et peuvent agir de leur propre initiative ou par pur arbitraire.
Les « Caraïbes insulaires » ne parlaient pas la langue de la famille caribe, pratiquée en Amérique du sud mais un language mixte d’arawak et de caribes.

Source : Guadeloupe amérindienne, Monum – Editions du patrimoine

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