L’éxistence du bourg de Case-Pilote en tant que paroisse est attestée depuis 1640 ; au cours du 18e siècle y fut érigée une batterie équipée de plusieurs canons, ce qui ne l’empêcha pas d’ être incendiée en 1762 durant la Guerre de sept ans. Cultivées essentiellement en tabac au cours du XVIIème siècle, les habitations de Case-Pilote se consacrèrent ensuite à la culture du café et du sucre. Case-Pilote fut témoin d’ épisodes marquants de la Martinique dont le Gaoulé en 1717. Case-Pilote fut érigée en commune par le décret du 12 juin 1837. Cette commune comporte plusieurs natifs illustres dont le père de Gaston Monnerville (président du Conseil puis président du Sénat) ou encore Victor Sévère (député et maire de Fort-de-France jusqu’en 1945), décédé en 1957. Jusque dans les années 1960, une distillerie fumante (distillerie Moulin à eau) se situait non loin du bourg et le hangar à rhum de celle ci se situait en périphérie du bourg, à moins d’ une centaine de mètres de l’église Notre-Dame de l’Assomption et Saint-Joseph.
Le bourg historique de Case-Pilote s’ étire sur la côte caraïbe (limite occidentale) entre deux collines qui marquent ses limites méridionales et septentrionale et s’ ouvrant à l’Est sur une vallée ; la R.N2 a d’ ailleurs matérialisé de façon assez nette la limite orientale du centre-bourg. Depuis plusieurs décennies, le bourg (au sens large du terme) s’est étendu vers le Nord Ouest et plus récemment vers le Nord Est avec respectivement les quartiers de la Batterie et de Maniba.
Site internet : Case-Pilote
Code Postal : 97222
A voir, A faire :
la Batterie, actuellement temple d’adventistes du septième jour
La batterie comporte trois meurtrières encore bien distinctes. Murs de défense des meurtrières d’ environ 150 cm d’ épaisseur ; cour intérieure est pavée.
Érigée au 18e siècle, la batterie équipée de trois canons n’ empêcha pas les Anglais de détruire en partie la ville en 1762 ; les canons furent jetés à la mer au pied de la falaise et y reposent toujours. En 1842, dans un rapport adressé au roi, la batterie de Case-Pilote est mentionnée comme n’étant équipée que de deux canons de faible calibre et son utilité y est fortement remise en question. Depuis la seconde moitié du 20e siècle, le site de la batterie sert de lieu de culte aux adventistes du 7e jour. Il n’ y a plus de canons sur le site (Ceux-ci ont vraisemblablement été récupérés par l’armée).
l’Habitation l’Enclos, actuellement auberge le Varé
Ancienne habitation sucrerie Boursel répertoriée en 1670 et 1770, elle aurait fait partie du presbytère. N’étant plus indiquée par la suite sur les dénombrements des habitations sucreries, on peut en déduire qu’elle se tourna vers d’autres activités agricoles. Connue ensuite sous l’appellation de l’Enclos, elle appartint successivement au 19e siècle et dans la 1ère moitié du 20e siècle aux familles Minvielle et Blanchette ; elle est aujourd’hui la propriété de M. Alaric. Une de ses singularités est qu’aujourd’hui, elle se trouve en plein bourg. A l’origine en rez-de-chaussée, l’étage de la maison de maître fut rajouté, selon des sources orales, en 1889. L’ancienne fontaine aujourd’hui déplacée comportait un merle à son sommet.
l’Habitation sucrerie Maniba
Fondée en 1801 (selon la tradition orale), l’existence de l’Habitation Duquesne est attestée en 1820 ; en 1882, elle est répertoriée sous le nom d’habitation Maniba. Réduite à l’état de vestiges, elle a été restaurée depuis une vingtaine d’années ; seuls les murs pignons et ceux de soutènement sont d’époque. L’ancienne cheminée s’est effondrée lors du passage du cyclone David en 1979.
l’Habitation sucrerie Moulin à eau
Anciennement Habitation sucrerie appartenant à la famille Le Pelletier Saint-Rémy en 1820, l’Habitation avait son appellation définitive d’ Habitation Moulin à eau en 1882. La famille Monplaisir qui a racheté l’Habitation à la famille de Jaham en a revendu une partie (à savoir l’ancienne distillerie) à la municipalité et loue l’ancienne forge à un artisan.
l’Habitation Morne Choiseul
L’Habitation Choiseul (pierre taillée de 1777) datant du dernier quart du 18e siècle devint la propriété de Victor Sévère, maire de Fort-de-France, à compter de la 2e moitié du 19e siècle et ce jusqu’à sa mort en 1954.
l’Habitation Fond Boucher
L’existence de l’Habitation sucrerie Fond Boucher est attestée depuis 1670 ; la distillerie fut bâtie en 1824 (pierre gravée). La distillerie cessa cependant d’être fumante à la fin du 19e siècle. L’Habitation fut donnée en 1903 en guise de paiement à M. Cambeille (qui, habitant la propriété Parnasse, Morne Etoile à Saint-Pierre, avait fui in extremis l’ éruption) par le gouverneur pour des travaux conduits à Fond Lahaye avec en contrepartie l’obligation de faire redémarrer la distillerie et de la faire « fumer » pendant 10 ans. La distillerie fut ensuite louée à la famille de Jaham (qui possédait également la distillerie Moulin à eau). L’Habitation est cependant restée la propriété de la famille Cambeille via leurs descendants, les frères Molinard.
le Marché, actuellement office du tourisme
Marché en béton, brique et enduit édifié en 1925 sous la mandature de Saint-Just Orville.
la Distillerie Moulin à eau, actuellement magasin de commerce et ateliers d’artisans
L’arrêté paru dans le Bulletin Officiel de la Martinique du 29 juillet 1918 autorisa R. de Jaham à transférer sa distillerie de Fond Boucher sur sa propriété de Moulin à eau ; la distillerie Moulin à eau produisit du rhum commercialisé sous le nom de rhum Maniba. Elle cessa d’être « fumante » dans les années 1960.
La distillerie jouxte le laboratoire ; la distillerie a été profondément remaniée : sur l’élévation postérieure, on distingue les arcades qui ont été murées.
l’Église paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption-et-Saint-Joseph
L’église construite en 1640 par les jésuites, elle fut rebâtie au cours des décennies suivantes. Incendiée par les Anglais en 1762, elle fut reconstruite par les dominicains (d’ où la porte avec la coquille de Saint-Jacques). Le clocher fut réparé en 1861 et au cours du 20e siècle (1903, 1928 et 1991). La tribune et l’escalier, à l’origine en bois, furent rebâtis en béton en 1928 ; ils furent reconstruits en bois lors des travaux de restauration de 1987 à 1991. Un des autels latéraux situé dans une des chapelles du transept était consacrée à Saint Jean-Baptiste et non à Saint-Joseph comme aujourd’hui.
Elle est classée aux Monuments Historiques, depuis 1979.
la Sucrerie le Cap
Il ne reste que la cheminée et l’emplacement des cuves de l’ancienne sucrerie.
