Lorsque C. Colomb prit possession de la Guadeloupe au nom du roi d’Espagne. Une équipe d’exploration envoyé dans un village découvrit quelques ossements dans un Carbet. Cette découverte conforta C Colomb dans ses convictions d’avoir pénétré dans le domaine des Canibas, mangeurs d’hommes, dont il avait entendu parlé l’année précédente dans les Grandes Antilles. Les sources de cette anecdote sont issus des lettres de Colomb adressés aux Souverains espagnols.
Les relations entre les Amérindiens et les Espagnols se sont dégradés et envenimés au fil du temps dans les Petites Antilles, passés la période des premières colonisations. Les accrochages devinrent réguliers. Sous des prétextes de pénurie de mains d’œuvre dans les mines d’or et de pratiques anthropophages, les espagnols menèrent une guerre sans merci aux indigènes des Petites Antilles. Ceux-ci répliquaient par des raids contre les postes espagnols de Porto-Rico.
Ce bref résumé de la colonisation espagnol amène à une lecture circonspecte des documents espagnols qui mentionnaient les peuples insulaires antillais de cette époque, en raison du contexte idéologique et politique qui prévalait lors de leurs rédactions.
Dans la seconde moitié du XVIème siècle, les flibustiers Français, Anglais et Hollandais dans leur course contre les galions Espagnols, mouillèrent dans les Petites Antilles. Ils pratiquaient le troc avec les Amérindiens, échangeant des produits manufacturés contre de la nourriture. Ces rencontres permirent aux nord européens de passage, de s’initier peu à peu au milieu insulaire tropical, aux connaissances et aux techniques des autochtones.
le 19 Avril 1619, un groupe de flibustiers français naufragés fut recueilli par les Amérindiens de la Martinique. Ils vécurent sur l’île onze mois parmi les autochtones. Un des naufragés à décrit en détail dans un manuscrit découvert à Carpentras, son « Voyage infortuné aux Indes Occidentales » et sa vie avec les Caraïbes.
La présence nord européenne se renforça rapidement dans la Caraïbe et à la colonisation des Petites Antilles, délaissées par les Espagnols. En 1635, les français prirent possession de la Guadeloupe et de la Martinique. Marie-Galante, les Saintes Saint-Martin et Saint-Barthélémy rejoignirent le domaine royal en 1648. Les Anglais et les Hollandais se partagèrent les autres îles. La colonisation était accompagnée d’évangélisation, les hommes d’église accompagnant les conquérants avaient pour certains, la tâche de tenir un registre de l’entreprise de colonisation. Ils rédigèrent des chroniques relatant les faits d’armes des premiers colons mais également décrivant les merveilles des îles (arbres, fruits, animaux…). Ces récits étaient pour certains confus et parfois erronés; ils servaient de propagandes pour inciter de nouveaux candidats à tenter l’aventure. Certains missionnaires obtus, ne pensant qu’à évangéliser, décrivirent avec condescendance et sévèrement les moeurs et la religion des indigènes. Le Père Breton, lui, prit comme quelques autres, la défense de ces peuples insulaires. Les chronique du père Breton sont des informations de premier ordre et sont considérées comme la source de toutes les chroniques ultérieures. Le dictionnaire caraïbe-francois de 1665, est un document irremplaçable pour la connaissance des Amérindiens des Petites Antilles.
Le Père BRETON rapporte au sujet du Carbet :
« …Ils (les caraïbes) en font premièrement une grande commune à tous de soixante, quatre-vingts et cent pieds de long, plus ou moins qu’ils appellent KAREBET. Autour de cette grande, ils en font de petites pour chaque mesnage… «
Le Père Breton en fait la description des cases :
« Les cases sont faites de fourches d’arbres, plantées en terre, jointes avec d’autres pièces de bois qui tiennent l’une à l’autre. Là-dessus, ils mettent des chevrons qui vont jusqu’à terre et couvrent le tout de feuilles de latanier ou de roseaux. »
César de Rochefort avec « l’Histoire naturelle et morale des isles Antilles et de l’Amérique; le père Dutertre avec « l’Histoire générale des Antilles habitées par les francois », et sieur de la Borde, peuvent être cités également en exemple.
Les sources françaises sont cependant très tardives et décrivent déjà une population décimée par un siècle et demi de guerres et de maladies venues du vieux continent.
Source : Guadeloupe amérindienne, Monum – Editions du patrimoine
