François Auguste Perrinon est né le 28 août 1812, à Saint-Pierre, en Martinique.
Il est le fils de Roise, dite « Piquion », esclave affranchie sous le Consulat. Le 24 Octobre 1826, suite au mariage de sa mère avec Pierre dit « Perrinon », il est légitimé et reçoit le nom de Perrinon.
Selon Pierre Dessalles, son père serait en réalité un Blanc. Sa marraine semblerait être Caroline Carrère, petite fille et épouse de gros négociant de la place de Saint-Pierre.
Envoyé en France pour faire ses études secondaires, il entre à l’École polytechnique en 1832.
En 1834, à 22 ans, il se spécialise dans l’artillerie de Marine à l’Ecole d’application de Metz.
En 1837, il est une première fois envoyé en Martinique, il en reviendra six mois plus tard.
Le 31 janvier 1840, il est nommé Capitaine en second. Cette même année, à Paris, il se marie à Rose-Marie-Charlotte Thelephe, issue de la bourgeoisie mulâtre de Saint-Pierre.
En 1841, il est affecté au Service de l’Inspection générale du matériel de l’Artillerie de Marine à Paris.
En 1842, il est envoyé en Guadeloupe comme capitaine à la direction de l’artillerie. Son attitude « distante » au service du système esclavagiste provoque l’ire de Schœlcher, dans son ouvrage Des Colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage, l’attitude des gens de couleur élevés en France, qui « ne savent point se suffire avec l’élite de leurs semblables ( …) et peu à peu quittent leur pays pour ne plus y paraître (…) Ils désertent une cause sacrée. On nous a cité un officier d’artillerie sang-mêlé qui, envoyé à la Martinique demanda vite à permuter, ne pouvant tolérer la situation gênante que lui faisait sacouleur de peau. ».
En réponse à Schœlcher, Perrinon se contentera d’une simple note technique.
Franc-maçon, il est chargé par la loge abolitionniste de l’Union de Saint-Pierre, d’obtenir à Paris la lettre de constitution auprès du Grand Orient de France.
En 1844, en mission à Saint-Martin, il se lance dans des expériences innovantes en vue de démontrer que les esclaves et les affranchis pouvaient travailler avec des stimulants matériels.
En 1847, il rédigea un article intitulée « Résultats d’expérience sur le travail des esclaves », publié dans « les annales Maritimes et Colonniales ». Dans cette article, il s’employa à démontrer que le travail libre était possible.
Cette publication, le fit connaître des abolitionnistes et de Victor Schoelcher.
De retour en France, il est nommé à la tête d’une fonderie et reçoit la Légion d’Honneur.
Les propriétaires Blancs dans les cercles schœlcheristes à Paris, appuient la candidature de Perrinon pour contrer Bissette, lors de la Révolution de Février 1848.
Il est présent au côté du comité des colons qui demande à Arago, l’abolition immédiate.
Le 4 mars 1848, Schœlcher le fait entrer dans la Commission d’émancipation.
A la suite du décret d’abolition de l’esclavage, il est envoyé comme commissaire d’abolition, puis commissaire général à la Martinique pour remplacer le Gouverneur. Il fut en charge de cette fonction de Juin à Octobre 1848.
Sa compagne en faveur de « l’Association », qui consistait à intéresser les travailleurs au produit de la terre, la crainte étant que ceux-ci aillent monnayer leur talent au plus offrant créant une instabilité pour les petits propriétaires, est mal perçue par la population noires.
En Novembre 1849, il fut quand même élu député de la Constituante, pour la Guadeloupe.
Il préfèra néanmoins conserver le poste de Commissaire Général de la République à la Martinique.
Il siègera en compagnie de Schœlcher, Pory Papy et Louisy Mathieu à l’Assemblée Constituante.
Schœlcher et lui furent élus en Guadeloupe pour la première assemblée de la seconde République. Mais l’élection est invalidée à cause d’un climat de terreur. Les électeurs furent reconvoqués aux urnes en 1850.
Le Coup d’Etat du 2 Décembre 1851, de Louis Napoléon Bonaparte, provoqua la dissolution de l’Assemblée. Napoléon III demanda à Perrinon de prêter serment au régime, ce qui refusa; lui valant d’être rayé des cadres de l’armée.
Il se réfugia à Saint Martin, où le double statut de l’île et surtout sa fortune personnelle lui permirent de finir ses jours paisiblement.
Il mourut le 2 Janvier 1861, à Saint-Martin.
Sources : Antilles Politiques

