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Août 22

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Marie-Reine de Jaham, une écrivaine pour la défense de la culture créole

Marie Reine de JahamMarie-Reine de Jaham est née le 7 Février 1940, en Martinique.
Publicitaire de profession, Marie-Reine de Jaham est la petite fille de Victor Depaz et l’arrière petite cousine de Joséphine de Beauharnais.

Elle passa son enfance à l’ombre de la Montagne Pelée à Saint-Pierre.  À 17 ans, elle se marie, puis quitte les Antilles pour les États-Unis, où elle embrasse la carrière publicitaire. S’installant d’abord à New York, elle devient conceptrice-rédactrice au sein de deux agences réputées : Young and Rubicam et Doyle Dane Berbach en langue anglaise. A Paris, ensuite, elle travaille pour le compte de TBWA, puis, en partenariat avec Impact FCB, agence spécialisée dans l’image de l’entreprise, elle crée ses propres agences, Greener Grass et Transparence.

Elle collabore également de manière régulière au magazine « Stratégies », dirigé par Christian Blachas et Alain Lefèvre, où elle est amenée à rédiger des dossiers sur l’image d’entreprise et sur les dernières techniques de communication aux États-Unis.

Passionnée depuis toujours par l’écriture, Marie-Reine de Jaham se lance avec un premier ouvrage publié chez Robert Laffont en 1989, « La Grande Béké ». Ce titre historique, qui décrit parfaitement la société créole des années cinquante, devient un best-seller, porté à l’écran, puis adapté à la télévision en 1998 par Alain Maline. Line Renaud incarnera alors admirablement le rôle de Fleur de la Joucqerie : La Grande Béké. Deux années plus tard, Marie-Reine de Jaham publie un deuxième volume du roman « Le maître savane » (1991).

En 1990, Marie-Reine fonde l’association culturelle « Le Patrimoine Créole », une association créative visant à restaurer la culture et la société créole, à en changer l’image. Cette association met également l’accent sur l’aspect linguistique et s’attache de manière originale au travers de ses activités à défendre par ses écrits ainsi que par ses activités ce véritable trésor que représente la culture créole. L’association réalise de nombreux événements à Paris, dont « Le Printemps créole« , des colloques (tel « Avenir créole» au Sénat), des expositions au Musée des Arts et Traditions Populaires et à la galerie Le Monde de l’Art, et l’événementiel « Monde créole » au magasin Printemps-Haussmann.

Dans une vaste fresque romanesque et historique, elle retrace l’âpre et flamboyante épopée des Créoles (« L’Or des îles » et « Le Sang du volcan », 1996-1997). Viendront ensuite, deux thrillers, « Bwa bandé » et « Le Sortilège des marassa », qui peignent la Caraïbe d’aujourd’hui, entre économie offshore et rituels vaudou.

En 1996, elle reçu les insignes de Chevalier des Arts et des Lettres.
En 1998, le prix Arc-en-ciel et le prix des Caraïbes couronnèrent la fresque romanesque et historique, « L’Or des îles ».
En 2000, Marie-Reine s’établit à Nice, et fonde le Cercle Méditerranée Caraïbe (CMC). Cette association qui se veut une passerelle entre les régions de la Méditerranée et la Caraïbe réalise de nombreuses conférences-débats dans la région niçoise, notamment à Monaco, Fréjus ou Saint-Raphaël. Elle crée et met en œuvre en 2001 le Festival Créole, qui connaîtra 7 éditions dans des villes telles que Nice et Menton. Faire rayonner la culture créole en l’intégrant à la culture locale, faire découvrir l’histoire tourmentée, à la fois tumultueuse et sanglante de la Caraïbe est l’objectif essentiel. Le C.MC. n’a cessé de faire briller dans le midi méditerranéen les milles facettes de la créolité, dans sa profondeur et son foisonnement, ses musiques, ses danses, sa littérature, sa peinture, ses traditions, son art de vivre.

Expositions, concerts, festivals, conférences, salons du livre, cinéma, théâtre, gastronomie, défilés de mode, ont rencontré un succès qui témoigne à la fois de l’intérêt du public et de l’ouverture d’esprit des élus. La rétrospective sur internet réalisée en 2012 (www/creoleazurcmc.org) est le point d’orgue de nombreuses années riches en échanges humains et culturels. L’une de ses missions consiste à montrer la conjonction fertile entre les deux régions et les liens qui les unissent.

Publiés chez Anne Carrière en 2004 et 2007, « La Véranda Créole » et « La Caravelle Liberté » évoquent à leur tour la société créole à l’époque cruciale du XVIIIe siècle. L’Ancien Régime agonise. Le souffle des idées nouvelles attise les révolutions en Europe comme en Amérique. Cette saga historique en deux volumes débute en effet sous la Régence pour se terminer sous la Révolution française et se situe en Martinique mais aussi dans les îles qui, placées à la charnière de ces deux mondes, affrontent pour la première fois la question de la liberté. Deux femmes, Iris et Ruth, jetées dans la tourmente, frayent leur destinée au milieu de tragiques bouleversements.

L’oeuvre de Marie-Reine de Jaham, dans sa globalité, permet de mieux appréhender le fait créole avec sa dimension historique, culturelle, géographique, ethnique- tout ce qui fait l’âme créole.

Pour la qualité de ses écrits imprégnés d’un exotisme qui n’est jamais factice, pour son style, pour la fraîcheur de son œuvre, primée à plusieurs reprises, Marie-Reine de Jaham, qui est aujourd’hui, reconnue comme l’un des meilleurs porte parole de la société créole a été promue au grade d’Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres, le 17 Janvier 2013 par la Ministre de la Culture et de la Communication, Madame Aurélie Philippetti.

Avec l’aimable collaboration de Marie-Reine de Jaham
Biographie basée sur la biographie d’Oswald Raimond, MCC

Bibliographie

La Grande Béké,
Grande fresque du début du XXème siècle en Martinique. Après l’éruption de la montagne Pelée, Fleur, dix-sept ans, unique héritière de la famille Mase de la Joucquerie, luttera pour rendre sa splendeur à son domaine anéantit.

Elle deviendra « La grande Béké », une femme dure, puissante et respectée.
Ed Robert Laffont, 1989.

Le maître savane,
On retrouve l’univers inoubliable de « la grande Béké ». Cocaïne et magie noire, rien ne va plus à la Martinique. Michel de la Joucquerie, « le maître-savane », le petit-fils de Fleur, mettra tout en œuvre pour garder ses terres.
Ed Albin Michel, 1991.

Le libanais,
Albin Michel, 1992.

Les desserts créoles et leur complice le sucre de canne,
Avec des dessins originaux de l’auteur.
Ed Montorgueil, 1992.

Les rituels du rhum et la cuisine créole,
Ed Montorgueil, 1992

L’or des îles,
Premier tome de la grande saga, où deux puissantes dynasties créoles s’affrontent au cours de plusieurs siècles.
L’histoire débute en l’an mille et retrace l’ascencion des familles Solis et Tara.
Ed Laffont, 1996.

Le sang du volcan,
Deuxième tome de la saga « l’or des îles ».
L’histoire de ce second tome débute en 1779, il continu de retracer l’évolution des famille Solis et Tara, en ces temps tourmentés.
Ed Laffont, 1997.

Les héritiers du paradis,
Troisième et dernier tome de la saga.
1902, l’éruption du mont Pelée détruit les deux familles rivales. Paul et Gaston survivant des deux clans ennemis, s’allient pour quoi qu’il arrive, reconstruire leur royaume, leur coin de paradis.
Ed Laffont, 1998.

Bwa bandé,
Thriller ensoleillé où rôdent les forces obscures du vaudou, les ombres de la drogue, de la mafia, du crime en col blanc, sur fond de jet-set caraïbe. C’est l’histoire d’une quête, celle d’une jeune fille rejetée par son père et qui découvre que celui-ci l’aimait le jour où elle hérite de la moitié de son empire. Décidée à faire la lumière sur sa mort, Ivane devient la cible de toutes les haines, toutes les convoitises.
Ed Laffont, 1999.

Le sortilège de Marassa

Le sortilège des Marassa,
Thriller psychologique qui nous plonge dans le mystère vaudou et fait osciller entre la sorcellerie et la schizophrénie.
Ed Laffont, 2001.

La cuisine créole de Da Doudou: 100 recettes traditionnelles (et tout ce qu’il faut savoir sur le rhum),
Ed Fasal, 2004.

La Véranda Créole,
Ed Anne Carrière, 2005.

La Caravelle Liberté,
Ed Anne Carrière, 2007.

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